42. De la vie et de l’au-delà

Il m’arrive parfois de penser à la mort. Pas plus tard qu’hier, avec l’une de mes sœurs, nous nous demandions ce qu’il pouvait bien y avoir au delà du dernier sommeil. Pour plaisanter, je lui ai répondu « Rien! », ce qui l’a clairement choquée. Elle a rétorqué : « Mais comment ça rien? Tu penses qu’on vit tout ça aujourd’hui pour RIEN?! ».

Selon les croyances de chacun, l’après-cette-vie peut donc être le néant, le paradis ou l’enfer, le purgatoire, ou encore la réincarnation de notre âme dans une nouvelle enveloppe humaine, animale ou même végétale qui sera conditionnée par celle que nous menons actuellement. Quand beaucoup crient à l’outrage ou à l’appel du mauvais œil lorsqu’on évoque la mort, je suis de celles et ceux qui trouvent qu’il est naturel d’en parler ou de s’interroger sur le sujet.
Vivre, c’est irrémédiablement mourir un jour. Nul n’est éternel.

Alors que personne n’est à ce jour certain de ce qu’il adviendra de notre âme après la mort, cela n’empêche pas certains de s’en aller avec ce qu’ils ont de plus précieux.

Ainsi, il est tout à fait envisageable de brûler le défunt avec ce qu’il a de plus précieux ou de l’enterrer avec, en s’imaginant qu’ainsi il ne sera pas « pauvre » une fois arrivé de l’autre côté. C’est d’ailleurs ce que faisaient les Egyptiens par exemple dans les pyramides où les momies des pharaons, placées dans des sarcophages, étaient accompagnées d’objets précieux ou encore de chaouabtis, petites statuettes représentant leurs serviteurs censés répondre à leur appel dans l’au-delà. Pour en savoir un peu plus, je vous propose de lire cet article qui présente les différents tombeaux égyptiens de l’Ancien Empire.

Les Vikings, ou peuples scandinaves, eux aussi accordaient une grande importance à la fin de vie et au passage vers l’au-delà. Certains de leurs morts étaient enterrés dans des navires, avec des objets de valeur mais aussi des esclaves que l’on sacrifiait pour les accompagner. Il faut savoir que les Vikings partaient à la conquête du monde sur leurs navires – appelés draakar en français, et étaient donc un peuple de la mer. Enterrer leurs défunts avec ces bateaux était donc fort de symbolique.

Des études montrent qu’il subsiste encore à ce jour des vestiges de draakars en Norvège que souhaitent d’ailleurs explorer certains scientifiques, comme nous l’indique cet article que j’ai eu à lire dans le cadre de l’atelier d’écriture que je suis actuellement. Je ne peux m’empêcher de faire un clin d’œil à la série Vikings, dont je n’ai regardé aucun épisode ! Il n’est jamais trop tard pour se rattraper me direz-vous, et vous avez absolument raison, j’y travaillerai !

Bateau Viking

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Se faire enterrer avec des objets de valeur peut être une manière de témoigner également de l’éternité de ce que nous avons été. Si il est vrai que la pratique fait généralement référence à une époque ancienne, rien ne nous empêche de nous questionner sur la manière dont elle pourrait être appliquée aujourd’hui, en tenant compte de notre contexte actuel. Un Viking de l’époque contemporaine se ferait-il enterré dans sa voiture accompagné de son smartphone par exemple ? Une telle image est littéralement trop métallique et me donne tristement les larmes aux yeux.

J’ai toujours trouvé que je possédais trop d’objets inutiles. Trop de vêtements que je ne porte pas. Trop d’objets décoratifs qui finalement encombrent plus qu’autre chose. Trop de produits de beauté qui ne servent à rien. Et parfois, je me demande même si je ne devrais pas me séparer de certains livres après les avoir lus au lieu de les entasser sur des étagères et les laisser jaunir de vieillissement.

J’essaye, tant bien que mal, de me défaire de tout ce qui est superflu dans mon quotidien mais je vous assure que ce n’est pas évident, surtout dans notre société actuelle où le besoin se présente en tout et partout. En plus des échanges et discussions que j’ai avec certains amis sur le sujet, un documentaire a contribué à me faire réaliser notre folie consommatrice : il s’agit de MINIMALISM que je vous invite à regarder sur la plateforme NETFLIX. De façon claire et simpliste, Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, tous deux minimalistes, y défendent l’idée selon laquelle on peut être heureux en se contentant de peu, ce que j’ai trouvé fort enrichissant et constructif pour ma vie personnelle.

A notre époque actuelle, si il est vrai que beaucoup accordent une grande importance à ce que nous possédons sur le plan matériel (maisons, comptes bancaires, voitures, sacs de marque, etc.), il ne faut pas se leurrer sur le fait que ce que l’on retiendra de nous une fois que nous serons partis, sera nos réalisations. C’est en tout cas ce à quoi je crois. Nous ne pourrons pas emporter nos réalisations dans notre cercueil ou les faire incinérer avec nous, mais elles demeureront vivantes et continueront de faire notre nom. L’empreinte de Nelson Mandela par exemple, a été plus que forte dans le domaine de la lutte contre la ségrégation raciale et son nom continue d’être cité, pour ne pas dire célébré, aujourd’hui.

Et lorsque je repense à ma sœur lorsqu’elle me demande « Tu penses qu’on vit tout ça aujourd’hui pour RIEN?! », je ne peux m’empêcher de réfléchir aux efforts fournis pour l’amélioration de ma personne ou aux bonnes actions posées. A aucun moment je ne pense aux biens matériels. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faille ne pas s’investir dans la construction d’une maison par exemple ou dans sa réussite financière, je crois juste que ces succès-là ne s’emportent pas dans l’au-delà.

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Il est vrai qu’il est important de faire la distinction entre l’empreinte de toute une civilisation et celle d’une personne lambda. En ce qui me concerne, je doute aujourd’hui faire partie d’une civilisation forte et je doute que nous marquerons le monde à la manière des Egyptiens par exemple. Peut-être que dans plusieurs années, les générations regarderont notre époque d’un œil admiratif, en encensant probablement l’évolution actuelle fulgurante de la technologie. Mais je pense que nous serons aussi tristement célèbres pour la destruction écologique à laquelle notre ère s’adonne sans conscience.

Perdu au sein de cette ère contemporaine qui est la nôtre, l’individu demeure au centre de sa propre vie. Nous devons jouer notre rôle pour le bien de l’humanité, tout en sachant que nous ne serons peut-être enterrés qu’avec un chapelet, un livre ou une petite photo. Nos actions seront nos meilleures signatures, nos meilleurs souvenirs. D’où mon désir d’apprendre à vivre léger, sans superflu, pour pouvoir me concentrer sur l’essentiel et travailler au mieux sur l’amélioration de ma personne.

Je voudrais finir ce billet en rendant hommage à un ami qui a perdu la vie il y a bientôt quatre ans. Il venait d’une famille prospère et très riche. Le jour de son enterrement, nul n’a évoqué de ce qu’il possédait sur le plan matériel. Jamais avant ce jour là, je n’avais eu l’occasion de voir autant de monde réuni pour accompagner une seule personne à sa dernière demeure. Nous étions plus de 1500 personnes. Nous étions tous accablés par son départ soudain. Nous étions tous tristes et abattus.

Mais par dessous tout, nous nous rappelions tous, et sans exception, de sa gentillesse et de sa grande générosité. Sa simplicité inspirait énormément de personnes et sa joie de vivre n’avait pas d’égal. Il a été enterré entouré de centaines de personnes qui l’aimaient et l’adulaient, et avec ce qui nous le pensions tous, le symbolisait le mieux : un casque de moto. Il avait 36 ans. RIP J.

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Je suis Manouchka. Sur ce blog, je partage mes lectures, mes pensées, mes écrits. Vos retours enrichissent le débat, n’hésitez donc pas à me laisser vos commentaires et vos avis. Et par dessous tout, merci de me lire !
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