12. BOOK – La puissance du féminin, de Camille Sfez

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C’est le genre de livre que j’offrirai sans hésiter à mes petites sœurs ou à ma filleule le jour où elles seront en âge de saisir la profondeur du sujet. Notre féminité nous est malheureusement, et bien souvent, si étrangère. Nous n’en saisissons que très rarement l’aspect sacré ; il peut même nous sembler complètement farfelu dans certains cas. Quel gâchis penseraient certaines… En lisant chacune des pages de cet ouvrage, j’ai pris conscience et (re)découvert de nombreux aspects de ma nature, ma nature féminine, mon moi intérieur, que si souvent j’ai négligé par ignorance. Je partage avec vous certains points qui je l’espère, vous donneront envie de le lire à votre tour.

L’auteure Camille Sfez a su trouver les bons mots et le ton adéquat pour aborder des thèmes tels que les règles, le pardon, le tabou autour de la maternité ou des IVG ou encore la prière, le tout avec beaucoup de bienveillance vis-à-vis du lecteur (plus précisément de la lectrice). Lorsqu’elle explique l’importance pour une femme de mettre en place des rituels dans sa vie, par exemple lors de ses règles, ainsi que la nécessité de s’accorder du temps et du repos, je me suis rendue compte que jamais je n’avais porté un tel regard sur mon corps pendant ces périodes dites lunaires (avec ses règles, « avoir ses lunes »), sauf lorsque j’y étais contrainte. Bien souvent, je ne me repose pas, je force même la machine en faisant du sport ou de gros travaux ménagers, comme si m’occuper intensément me faisait oublier le moment présent. Pire, il arrive parfois que je profère à mon utérus des paroles de colère et de désapprobation. A travers des phrases simples et un style fluide, le rappel nous est fait au travers de ces pages la nécessité de porter un regard doux et indulgent sur notre matrice. Et ça fait du bien.

Il y est donc question de l’intérêt pour les femmes de faire la paix avec leur corps physique, mais aussi avec leur masculin intérieur et avec les hommes importants de leur vie. On y parle également des énergies sacrées échangées lors des rapports sexuels, de la spiritualité de façon générale et en particulier du divin qui habite en nous en tant qu’être humain, de la mémoire des femmes de notre lignée, de celles qui ont vécu avant nous et de l’importance de réfléchir à leur existence passée : pensons-nous qu’elles aient souffert? comment ont-elles été aimées? quelles ont été leurs cicatrices et leurs souffrances qui aujourd’hui peuvent indirectement impacter le tracé de nos vies de femmes? Autant de volets auxquels je ne porte pas suffisamment d’attention et de réflexion, et pour lesquels j’ai pris relativement conscience grâce à cette lecture.

De façon brève, cet ouvrage que Camille Sfez nous offre a pour vocation d’aider les femmes à faire la paix avec leur corps, à révéler leur féminin profond grâce à des rituels et à renouer avec leur puissance « sauvage », celle-là même non lissée par la société et ses diktats. Il est vrai que beaucoup parmi nous sont façonnéess par notre éducation principalement, mais parfois aussi par les autres, leurs attentes, leur regard qu’ils peuvent porter sur nous. On décide pour nous depuis notre plus jeune âge. Notre prénom est la première étiquette que l’on nous colle. On nous inculque ce qui semble être bon et juste pour nous. Mais combien sommes-nous à véritablement savoir nous détacher de tout cela, porter un regard critique sur notre existence et avoir conscience de notre féminité telle que définie, entre autres, dans cet ouvrage?

Je sais que pour ma part, j’ai encore beaucoup à apprendre et que je reste curieuse de tout ce que peut être ma féminité. Je sais aussi qu’il est important d’apprendre aux jeunes filles à se conscientiser suffisamment tôt de tous ces sujets et qu’il est capital de leur fournir les moyens d’y parvenir.

Pour finir, je note ce bouquin d’un joli 9/10 et vous invite à vous en procurer un exemplaire si vous ne savez pas vraiment quoi bouquiner cet été.

 

11. BOOK – De l’éducation des femmes, Choderlos De Laclos

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Bonjour !

Un nouveau bouquin à partager avec vous. Ces temps-ci je lis beaucoup. En tout cas je fais au mieux pour lire régulièrement. Je trouve du temps, je m’organise, j’essaye d’être méthodique pour tirer profit et plaisir combinés au maximum de tous les bouquins que j’ai sous la main.

Avant de vous parler de cet ouvrage et de vous livrer mon ressenti, laissez-moi vous poser une question : certains parmi vous auraient déjà eu la chance de lire « Les liaisons dangereuses » du même auteur? Car dès le début de ma lecture, cette œuvre clairement de référence mais aussi taxée d’ouvrage licencieux, y est mentionnée. « De l’éducation des femmes » en serait une paradoxale continuité. Par conséquent, j’ai eu le désagréable sentiment d’avoir loupé quelque chose d’important, de commencer un plat de résistance sans être passé au préalable par l’entrée. Cela n’est pas bien grave me direz-vous, étant donné que je pourrai toujours me rattraper plus tard.

Venons-en donc à L’éducation des femmes !

Un tout petit recueil de 120 pages, mais ne vous laissez pas avoir par sa petite taille. Ce livre est un colosse.

Sa lecture est loin d’être relaxante. En tout cas, pour ma part, elle n’a pas été un moment de relaxation. Elle demande une certaine concentration, et je dois également admettre une chose : elle fait appel au sens critique à quasiment toutes les pages. Je me suis donc vue prendre plein de petites notes sur des points que je trouvais vraiment très intéressants, chose que je ne fais pas toujours selon les livres que j’ai en main.

En ce qui concerne la structure de l’ouvrage, elle se décline en trois parties : tout d’abord un extrait de discours prononcé le 1er mars 1783 (eh oui! il ne date pas d’hier) sur la question de l’éducation des femmes proposée par l’académie de Châlons-Sur-Marne, puis un essai sur les femmes et leur éducation et enfin pour terminer, une troisième partie consacrée à la lecture comme solution pour permettre aux femmes d’accéder à l’éducation.

Le discours prononcé le 1er mars 1783 pour répondre à la question suivante : Quels seraient les meilleurs moyens de perfectionner l’éducation des femmes ? A cette interrogation, la réponse de l’auteur est claire : il n’en existe aucun! Tout simplement parce que la femme est selon lui assujettie aux hommes, aux lois, à la société, et par conséquent esclave du système. Comment ce même système pourrait-il donc lui offre une éducation ? Il parle de paradoxe. Et quand on y réfléchit bien, je trouve pour ma part qu’il a raison. Quand par exemple, on ramène une telle analyse à notre société actuelle, on remarque combien il est encore difficile pour les femmes de s’affranchir du patriarcat. Pendant que des combats sont menés à travers le monde entier pour apporter aux femmes toujours plus d’indépendance, de liberté, de moyens pour qu’elles puissent se prendre en main, on constate qu’il persiste bon nombre de déséquilibres dans la société : les différences de salaires entre hommes et femmes pour un même poste, l’impossibilité dans certains endroits du monde pour la femme de disposer de son propre corps (droit à la contraception ou à l’avortement), les violences et j’en passe, la liste est longue. On encourage les femmes à recevoir une éducation, mais en face, la société est réticente à revoir son modèle de fonctionnement pour permettre à la femme de jouir pleinement de cette éducation qu’elle tient à lui offrir. Pour l’auteur, l’éducation développe les facultés certes, mais l’esclavage les étouffe. Il a raison De Laclos !

Puis vient une dissertation de douze chapitres sur la description, l’analyse et les louanges de la femme dite « naturelle », en opposition à la femme « sociale » et « civilisée ». Dans cette deuxième partie de l’ouvrage, l’auteur explique l’impact négatif qu’a eu la société sur les Hommes en général, sur la femme en particulier. Il y explique que d’origine, la nature est bien faite et que les hommes et les femmes viennent avec tout ce dont ils ont besoin pour bien vivre.  Cependant, la société vient modifier le cours des choses en créant des besoins et des nécessités, qui aboutissent sur des complexes, là où auparavant tout était naturellement équilibré. C’est dans ce sens qu’il y écrit : « La nature ne crée que des êtres libres ; la société ne fait que des tyrans et des esclaves. » Ce qui m’a toutefois dérangée dans cette partie, c’est la manière dont la femme peut y être décryptée à l’instar d’un simple animal ou d’une bête de foire. La femme, à certains passages, est comparée à des fruits de campagne (naturelle) ou de serres chaudes (sociale). J’ai trouvé cela personnellement assez gênant. Était-ce dans les mœurs des années 1780 de tenir de tels discours? Par la suite, toujours dans cette deuxième partie, l’auteur met en avant la position de victime des femmes, opprimées et esclaves des hommes et de la société, expliquant qu’elles auraient cédé et non adhéré à ce contrat social, se lançant aller à leur confiance accordée aux hommes quand ceux-ci leur faisaient croire à un travail d’équipe et un soutien mutuel. Il faut à présent sortir de cet avilissement et regagner la liberté en misant sur l’éducation. L’auteur donne par ailleurs certains conseils (que j’ai trouvés fort intéressants!) pour être « belle », tout en rappelant que la beauté est quelque chose de très relatif et subjectif, comme par exemple ne pas s’exposer au soleil au risque de s’abîmer la peau, ne pas se nourrir de façon malsaine, ne pas abuser d’alcool et de spiritueux, bien dormir, etc. Bref, des conseils pour prendre soin de soi! Ces suggestions et consignes pourraient très bien s’appliquer à toutes les femmes du monde actuel qui le désirent, selon leurs besoins respectifs.

Enfin, dans la troisième et dernière partie, De Laclos présente toute une méthodologie destinée aux femmes (mais aussi aux hommes par extension) pour accéder à l’éducation par la lecture. Il y détaille l’importance d’apprendre à lire les bons ouvrages et ainsi se cultiver efficacement. L’auteur y recommande entre autres les philosophes grecs, romains ou encore la littérature juive. Appliquée à notre société actuelle, cette partie est tout à fait intéressante et riche en enseignements et mérite d’être étudiée de façon plus approfondie en tenant compte des réalités de tout un chacun. Etant moi-même une grande amatrice de livres, je ne peux qu’appuyer les dires de l’auteur quand par exemple il avance qu’il faut lire de tout et ne jamais cesser de s’instruire, qu’il faut savoir s’intéresser à tout genre de livres, des romans aux livres de poésie en passant par le théâtre, etc. A méditer !

Pour finir cette revue, je peux clairement affirmer que nous étions bien loin du roman de société dont je suis si friande. En l’achetant, je savais qu’il serait intéressant mais aussi créateur de réflexions. J’ai eu le sentiment d’étudier un texte, de l’analyser de façon continue et cela a été très plaisant. Au début je me suis demandé si un homme pouvait ainsi parler au nom des femmes, était-il le mieux à même de dire ce qui était bon pour les femmes ? Et finalement, oui, je pense que oui, et je suis même d’avis pour dire que plus d’hommes devraient aujourd’hui sensibiliser et prendre cette problématique comme la leur pour aider les femmes à s’affranchir, à gagner leur indépendance. Je n’invente en rien l’eau chaude : il n’y a pas que de femmes féministes, les hommes sont tout aussi concernés par le sujet sinon voire plus! L’éducation est primordiale pour les femmes. Ce n’est donc pas un sujet nouveau comme nous pouvons le constater, mais bien une priorité qui traverse les époques et pour laquelle continuent de se battre des millions de personnes au quotidien. Donnons la chance à nos filles, à nos sœurs, à nos nièces de s’instruire, apprenons leur la curiosité formatrice afin qu’elles soient armées pour affronter ce monde, même si comme le souligne l’auteur, le système ne profite toujours pas à toutes les femmes en dépit du fait qu’elles aient la connaissance. Il ne faut rien lâcher, il faut continuer, et surtout appeler à la sororité pour faire bouger les choses. Rester en alerte, continuellement s’instruire, se former, se battre. Je recommande ce petit bouquin à tous, particulièrement à ceux qui sont sensibles à la question féministe : je suis certaine qu’il peut amener à des discussions enrichissantes et variées autour des questions que soulève le féminisme à travers les années, de 1783 à nos jours.

A bientôt !

 

 

8. BOOK – La triomphante, Teresa Cremisi

Parfois, il arrive qu’on choisisse un livre en se référant uniquement à un résumé inscrit au dos du bouquin, ou encore à un extrait du texte qui donne par avance l’impression d’une lecture qui s’annonce être du feu de Dieu! Et puis finalement, on est presque, ou totalement, loin du compte…

« La triomphante ». Déjà ce titre évoque la puissance d’une femme qu’on a hâte de découvrir, de suivre dans son histoire! L’histoire dans le fond est sympathique : une enfance en Egypte, une adolescence en Italie puis une vie adulte à Paris en France. C’est le parcours familial mais aussi professionnel, ainsi que toutes les difficultés auxquelles aura à faire face cette femme pour se forger une place solide dans la vie. Elle y raconte son aversion pour le mariage, son désir d’indépendance et de liberté.

Le point intéressant de ce roman est selon moi les belles références littéraires qu’on peut y trouver. Si vous êtes curieux et friand de littérature, l’autrice y cite pas mal d’ouvrages références qui l’ont accompagnée tout au long de son cheminement, de sa construction personnelle. Il y a également un côté féministe qui est mis en avant, et que j’ai personnellement bien aimé ; il s’agit de la manière dont l’autrice se sert de sa propre histoire pour rappeler aux femmes qu’il n’est pas nécessaire de s’écraser, de s’effacer pour plaire aux autres, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Mais au contraire, qu’il est important de s’affirmer, d’affirmer ses choix pour exister de façon authentique. Belle leçon de vie qui peut servir à toutes!

Certains passages m’ont paru intéressant à partager avec vous.

Par exemple :

« Le moment fatidique où « une petite fille devient femme », selon l’expression niaise utilisée par une de mes tantes, survint l’été de mes quatorze ans, à Antibes. J’avais été vaguement prévenue, mais cet écoulement de sang me sembla une catastrophe plus grave que je ne l’avais imaginée. Comment supporter toute la vie une telle contrainte? »

Ou encore :

« Si tu ne peux pas mener la vie que tu veux, essaie au moins de faire en sorte, autant que possible : de ne pas la gâcher dans trop de rapports mondains, dans trop d’agitation et de discours… jusqu’à en faire une étrangère importune.« 

Ou même encore :

« Le matin je louais un vélo et partais vers les phares ou le long du sentier qui surplombait les murazzi, mangeais un sandwich au jambon et aubergine, dormais sur une pierre chaude de soleil, me baignais quand j’en avais envie (en mouillant bien les cheveux, c’est une recette simple pour reprendre goût à la vie), pédalais sans hâte, m’arrêtais selon mon inspiration. »

Comme un petit goût de liberté, de carpe diem, d’hymne à la vie, ne trouvez-vous pas?

Je vous précise qu’il s’agit là d’une autobiographie, superbement écrite je trouve d’ailleurs, l’autrice ayant une très belle plume. Ce que je regrette, c’est l’absence d’intrigue. Hélas, tout est plat, linéaire, il n’y a aucun rebondissement, ce qui au fil de la lecture peut faire naître un certain ennui.

A ce propos aussi, je me pose une petite question : pour être bon, un roman doit-être nécessairement comporter une intrigue?

 

5. My body is not yours !

WARNING – Article légèrement coup de gueule.

Je ne savais vraiment pas par où commencer la rédaction de ce billet. Mais une chose est sûre, c’est qu’il est parti d’un constat amer et décevant : la facilité qu’ont certains hommes, certains frères, certains pères, certains fils !!! … à dénigrer la femme.

Je tiens à te souligner, cher lecteur, avant que tu n’ailles plus loin, que j’ai dans ma vie des hommes merveilleux – en commençant par celui qui m’a fait voir le jour – qui respectent les femmes et savent les aimer comme elles sont. Je suis aimée par ces hommes, indépendamment de mon état physique, moral ou psychique, et non, je ne suis pas une aigrie. Je parle et donne mon avis sur un sujet qui me touche en tant que femme. J’espère que tu pourras accueillir mon message avec de la compréhension et dans la paix.

Revenons maintenant à nos moutons.
Avez-vous eu écho de l’affaire Usher ces derniers jours? Je vais supposer que oui. Vous avez aussi peut-être entendu parler de la dénommée Quantasia, 21 ans, qui a affirmé avoir eu des rapports sexuels avec la star à ses 19 ans?! Je vais également supposer que la réponse est oui, et si ce n’est pas le cas, je vous inviterai à simplement faire une petite recherche Google pour en savoir plus. Cette femme a été, par la force de l’affaire, exposée sur les réseaux sociaux aux côtés de son avocate, et les internautes s’en sont donnés à cœur joie – comme d’habitude! – dans l’expression de leurs opinions, constructives parfois mais surtout et principalement dégradantes. Jusque là, rien d’étonnant puisque c’est devenu une normalité de nos jours de voir des énormités se disperser sur les réseaux sociaux. J’aimerai avant de continuer, dire et redire tout mon amour pour les RS qui me permettent tous les jours d’apprendre de nouvelles choses, de rencontrer des personnes très intéressantes mais aussi de partager ce que j’aime. Mais lorsque je tombe sur des commentaires qui clairement réduisent une femme à trois fois rien, s’offusquant avec outrage sur le fait que Usher ait pu avoir des relations sexuelles avec « ça » – parce que « elle » c’est trop lui donner de valeur peut-être, alors on dit « ça »! – parce qu’elle est « grosse et moche », mon sang ne fait qu’un tour. Wtf?! Voilà le body shaming les amis, cette vilaine tendance à se moquer du corps et des imperfections des autres. Où trouve-t-on le courage d’écrire pareilles inepties?! Je me dis alors qu’il faudrait avoir une sacrée opinion de soi-même pour pouvoir réduire les autres à « ça ». Et ce qui est le plus affligeant, c’est que ce genre d’allusions stériles puissent venir d’hommes! Oui d’hommes! Autrement dit de frères, de maris, de pères, de fils nés de femmes qui ont eu une activité sexuelle, et non de poules, de bufflonnes ou de chiennes! … (avec tout le respect que je dois à Mère Nature et aux animaux). Que des femmes puissent s’acharner sur d’autres femmes, je pense, relève d’un autre débat qui mérite tout un site internet à lui tout seul ; nous y reviendrons à l’occasion si vous le souhaitez.

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Mais à ce jour, selon vous messieurs, une femme se doit-elle de répondre aux critères de « bien roulée », « bien golée » pour être comme vous le dites si bien, « b*isable »?! Je tiens à m’excuser de cette vulgarité, mais je ne saurais employer d’autres termes plus crus et plus explicites. Lorsque ces dames sont trop minces, voire maigres, elles ne méritent que des moqueries. Lorsqu’elles sont grosses, appuyez sur le bouton « Repeat » pour écouter encore et encore le même type de remarques complexantes. Et même lorsqu’elles ont un poids dit « normal », là encore, vous vous tournez vers autre chose : ses cheveux, son ventre, sa bouche, ses oreilles, ses cheveux, ses jambes arquées, ses bras poilus, ses yeux trop gros, son nez, ses seins trop petits, trop gros, etc etc etc! Votre maman est-elle Beyonce??! Si oui, tant mieux pour vous, je vous tire ma révérence et je ferme mon clapet. Mais je doute que le physique puisse être ce que vous retiendrez de l’amour et de la dévotion de la femme qui aura eu à vous mettre au monde et à souffrir dans sa chair et son âme pour que vous soyez ce que vous êtes aujourd’hui (ou ce que vous n’êtes peut-être pas!!). Je trouve cela désolant la facilité avec laquelle certaines personnes, sans aucune compassion, parviennent à se moquer ouvertement du physique des autres, et plus précisément certains hommes de femmes. Avez-vous seulement idée du malaise dont peut souffrir l’être en face de vous? Du manque de confiance?! Pire des problèmes de santé?? Est-il si important de toujours tout réduire aux détails du physique?? Détails que, heureusement, d’autres bien nés ne soulignent pas car trop occupés – Dieu merci ! – à se délecter de l’intelligence, de la générosité, de l’ouverture d’esprit de ce même être dont vous vous ridiculisez si vaillamment. Ayez des enfants, ayez des filles, faites-en des êtres parfaits selon vos codes à vous, et de grâce laissez les autres tranquilles! La méchanceté gratuite n’a jamais rendu la vue à un aveugle! Ce serait une erreur je pense de sous-estimer l’impact que peut parfois avoir les avis et opinions des hommes sur les femmes. Certaines femmes sont certes très affirmées et ne se laissent aucunement manipuler par les dires de ces messieurs. Mais d’autres, et il faut aussi le souligner, dépendamment de l’éducation ou de la société dans laquelle elles évoluent, si accrochent profondément et peuvent en souffrir au point d’avoir recours à des moyens radicaux pour répondre aux critères de beauté exigés ; je pense là bien sûr à la dépigmentation de la peau, aux régimes drastiques, au défrisage des cheveux ou parfois même au port abusif de rajouts capillaires, tout cela pour parfois plaire à une gente masculine dont les repères sont largement influencés par les images véhiculées par TRACE TV! (entre autres…). Vous direz peut-être que j’abuse, mais voilà mon opinion que je vous sers ici sur un plateau. TRACE TV (entre autres bien entendu, et sachez que j’adore TRACE TV pour toute la bonne musique dont elle nous fait grâce!) et tous ses clips « hot-hot! » où vous voyez des femmes plus que parfaites ont fait perdre la boule à certains de nos frères, de nos pères, de nos fils, qui maintenant souhaitent voire exigent que leurs consœurs soient des copies de Rihanna, de Beyonce ou de Nicki Minaj pour ne citer que les plus célébrissimes. Mais dites-moi, ai-je moi à faire à un Denzel Washington? ou un Will Smith? ou encore un Idris Elba?! Et même si c’était le cas??! LET ME BE! Care about me but LET ME BE! AND LET ME HAVE FUN! Calmons-nous. La vie, c’est ici et maintenant sur Terre, dans nos maisons, nos familles, et non sur TRACE TV (je t’aime TRACE TV!).

« Anyway », comme disent les américains, tout ça pour réitérer, une fois de plus, que la beauté, la perfection si elle existe, est ce qu’il y a de plus subjectif et de plus relatif. Laissez les femmes être, célébrer la beauté qui leur appartient, ce corps qui est LE LEUR. Une femme qui s’aime, qui s’apprécie, qui se sent bien dans sa peau, ne fera pas facilement fi des opinions désobligeantes des autres. Elle aura confiance en elle et les autres ne trouveront rien à lui redire, ou sinon hésiteront à le faire – hormis une fois de plus ces personnes méchantes qui ne savent à quoi occuper leur temps libre si ce n’est qu’à faire du mal gratuitement aux autres et en tirer un plaisir infructueux. Personne ne vous aimera mieux que vous-mêmes Mesdames! Peut-être que l’on nous aimera bien plus, sans doute, mais « mieux », je pense que nous sommes habilitées à le faire pour nous-mêmes. Charité bien ordonnée commence par soi-même! Et non, ce n’est pas du narcissisme ou du nombrilisme. Je ne vois pas ce qu’il y a de glorieux à s’apitoyer sur son sort et à attendre que quelqu’un d’autre vienne donner son aval pour développer et nourrir de l’amour pour soi. Tous devraient pouvoir le faire à un certain degré, pour se sentir vivre, se sentir bien, et pour pouvoir apprendre à aimer les autres par la suite.

Messieurs, épargnez-nous vos sornettes et soyez aimants, tout simplement. Que vous le vouliez ou non, nous faisons partie de vous, vous faites partie de nous.
Telle sera ma (pacifique) conclusion.

Peace, and Love ♥