29. BOOK – Ce dont je suis certaine, Oprah WINFREY

Je n’aime pas que l’on m’impose une idée. Ni quoi que ce soit d’ailleurs. J’apprécie de me faire ma propre opinion lorsque j’en ai l’occasion.

Beaucoup de concepts développés par d’autres êtres humains nous sont présentés comme étant des vérités, et généralement, la majorité se contente de les assimiler sans forcément les argumenter ou en faire sa propre expérience. Nous consommons et traitons trop souvent l’information fournie par autrui sans même nous demander si elle est en accord avec notre personnalité, si elle cadre avec nos convictions, nos valeurs ou encore nos réalités.
J’essaye en ce qui me concerne, de toujours garder à l’esprit qu’une idée évidente pour les uns, ne l’est pas forcément pour les autres. Cela m’aide à me questionner et à relativiser. Et surtout, je suis de ceux qui croient qu’il faut s’éduquer à ne pas avoir peur de côtoyer des personnes différentes pour toujours apprendre et s’enrichir de leurs histoires.

Oprah Winfrey dans son livre ‘Ce dont je suis certaine’ partage ses convictions au sujet de certains sentiments que tout être humain peut éprouver dans sa vie : l’émerveillement, le sentiment de pouvoir, les relations humaines, la joie, entre autres. Elle y parle de son parcours, de ses acquis et des leçons qu’elle a su tirer de ses différentes expériences. J’y ai pour ma part trouvé un partage profondément bienveillant de la part de l’auteur, et son désir surtout de remercier la Vie pour ses dons.

J’ai aimé ce livre pour deux raisons.

D’abord, il m’a confortée dans l’idée selon laquelle certains concepts de la vie, le ressenti et les émotions ne pouvaient qu’être personnels. Oprah s’est appuyée sur SES expériences de vie pour affirmer ce dont elle était certaine, et j’ai trouvé cela intéressant. Elle a simplement partagé ce que lui a appris la vie et j’ai été très inspirée par sa maturité à tirer un enseignement de toute chose. C’est un exercice auquel j’essaye de me plier au mieux, mais il faut l’avouer, ce n’est pas toujours facile de prendre du recul et d’observer sa vie en se posant les bonnes questions, sans tenir compte bien sûr de ce qui se passe chez les autres!

Ensuite, il s’est agi d’une lecture que je qualifierais de positive. Elle m’a fait voir le bon côté de la vie. Le livre ouvre les yeux du lecteur sur la possibilité de croire que les lendemains meilleurs ne sont pas réservés qu’aux autres, que tout le monde peut y avoir droit et qu’il faut d’une façon être responsable de son bonheur. Faire preuve de gratitude est une attitude que je m’atèle à entretenir au quotidien. Remercier est la plus belle des prières! Oprah souligne d’ailleurs à plusieurs reprises l’importance de manifester de la gratitude pour absolument tout. Parfois, lorsque je broie du noir, je pose une feuille de papier et j’y écris tout ce pour quoi je voudrais dire merci. Et cela me requinque tout de suite! Oui, je suis reconnaissante pour ma famille, pour les bons livres, pour le thé aux fruits rouges dont je suis tant friande, pour le travail. Je suis également émerveillée de la manière dont une fleur arrive à pousser au milieu d’un tas de ronces ou encore de la beauté d’un chaton. On peut tous à notre échelle essayer d’adopter une attitude positive face à notre existence : ne pas hésiter à exprimer de la joie, faire preuve de courage, saisir une chance qui se présente à nous, prendre soin de notre corps et lui donner de l’amour, etc. Dans toutes ces attitudes face à la vie dont parle Oprah dans son livre, j’y vois l’occasion pour la personne que je suis de grandir et de mûrir.

Je pourrais dire ici que le livre est donc une ôde à la vie, une invitation à se réjouir de ce que nous avons et de ce que nous sommes, à dire merci.

Cela dit, ‘Ce dont je suis certaine’ est un titre très personnel. Le contenu du livre l’est donc également, malgré le fait que les sentiments qui y sont évoqués soient universels. Il ne faut donc pas oublier que l’auteure parle avant tout de SA vie, et non de celle d’une tierce personne. Et en ce qui me concerne, ce n’est pas parce que Oprah Winfrey – ou une quelconque autre personnalité d’ailleurs – affirme une chose que je la prendrai pour parole d’évangile sans me questionner. Chaque parcours de vie est différent, et comme je vous le disais plus haut, il ne faut pas avoir peur d’interroger les concepts de vie qui vous sont présentés.

Beaucoup de livres par exemple encensent le mythe du bonheur. Le bonheur n’est pas une denrée que l’on achète au supermarché ou que l’on peut avoir dans son sac tous les jours de sa vie à l’instar de son téléphone portable. Le bonheur est loin d’être une ligne droite, ou encore une destination à atteindre. Il ne se touche pas du doigt, ne se quantifie pas, ne s’estime pas. Beaucoup d’auteurs pourtant enseignent et partagent des principes à adopter ou des techniques prétendument efficaces pour accéder au sacro-saint bonheur. Et ces livres, non sans surprises, ont du succès et vendent par milliers! Les gens les lisent et les consomment comme des petits pains.

Comment juger de la pertinence de ces livres qui présentent le bonheur comme accessible? Comment être certain que ces conseils et ces recommandations sur le bonheur soient efficaces, à moins de les expérimenter soi-même?

Pour continuer sur l’idée du bonheur, pour ma part, avant j’avais des attentes, beaucoup d’attentes, et surtout de fausses attentes! Je ne vous le cache pas : le bonheur, je le cherche encore. Mais je ne me fatigue plus : j’ai depuis lors changé de stratégie. Pour avoir lu des tas de livres sur le sujet, j’ai finalement compris que la vie n’avait pas de port nommé BONHEUR où je devais forcément ancrer mon bateau. J’ai expérimenté les joies d’instants et de moments partagés avec mes proches (parfois il ne s’agissait que de quinze petites minutes), le plaisir solitaire de la lecture d’un bon livre, la brève vision d’enfants heureux jouant dans une ruelle, ou même le goût d’une tablette de chocolat noir fourré de pâte d’amande. Et je peux déclarer aujourd’hui que le bonheur est dans tous ces instants. J’ai arrêté de me torturer l’esprit avec l’idée fausse et saugrenue selon laquelle je devais à tout prix rechercher le bonheur pour avoir une vie épanouie. Je me suis beaucoup questionnée. Et aujourd’hui, j’essaye de me laisser vivre, je me torture moins les neurones, j’apprends à profiter simplement du jour qui m’est offert. Et cela me va très bien!

Il y a quelques années, j’ai également eu l’occasion de lire Le pouvoir du moment présent de Eckhart Tolle. Je parle d’ailleurs très souvent de cet ouvrage de développement personnel autour de moi. Ce livre a bouleversé ma vie à une époque où je n’étais pas du tout épanouie dans mon corps et dans ma tête. Je dirais même que j’étais malheureuse, comme un poux. Je peux aujourd’hui affirmer une chose : prendre conscience de l’existence d’un moment appelé « Présent » a radicalement changé ma façon de percevoir la vie. C’était totalement nouveau pour moi. Je ne me contentais pas uniquement de lire les idées de quelqu’un que je ne connaissais pas personnellement ; je les expérimentais aussi. Je ramenais les idées et préceptes du Docteur Tolle sur le moment présent à MA propre vie, les appliquais à MON quotidien et en tirais des résultats plus que concrets. Au fil des jours, mon entourage remarquait que j’allais de mieux en mieux. Je faisais mon propre apprentissage du moment présent. Ce n’était plus une liste d’attitudes à adopter dictée par un livre, mais des faits concrets que je vivais et dont je pouvais témoigner pour MA vie.

La lecture du livre d’Oprah Winfrey m’a confortée dans l’idée selon laquelle je devais poursuivre dans ce sens : expérimenter par moi-même les idées et conseils proposés par autrui au lieu d’en faire des évidences sans réfléchir. Je n’ai pas envie de lire bêtement un bouquin et dire d’un auteur qu’il a raison parce que 95% de son lectorat approuve ce qu’il écrit ou est fan de sa personne. Je n’ai pas envie de simplement lire les certitudes d’Oprah et d’y acquiescer sans mot dire. Je veux pouvoir les transposer à ma vie – DANS LA MESURE DU POSSIBLE – et vivre mes propres émotions. Je dois pouvoir dire que je ne suis pas d’accord avec telle ou telle conclusion d’un bouquin et me sentir légitime. Il ne faut pas oublier ici qu’il s’agit de sa vie, de son histoires à elle. Je n’ai pas les mêmes problèmes que Oprah Winfrey, nous n’avons absolument pas le même parcours de vie, et encore moins les mêmes blessures, ni le même âge. Ce qui fait que notre sensibilité n’est pas du tout la même. Comme je vous l’ai dis au début de ce billet, je n’aime pas suivre une idée sans me poser de questions ou me faire ma propre opinion. Il y a des généralités auxquelles tout le monde peut adhérer certes, et d’autres idées plus personnelles sur lesquelles il est toujours bon de réfléchir par soi-même.

Il faut dire aussi que je me suis également questionnée sur le côté idéaliste de l’ouvrage qui m’a quelque peu dérangée. La couverture en dur, le titre écrit en couleur dorée, le papier légèrement jaunâtre à gros grains, le choix de la police d’écriture : tous ces éléments m’ont fait penser à un beau livre de magie, à une fenêtre vers quelque chose de merveilleux loin de notre monde difficile rempli de son lot de factures à payer et de stress permanent. Il s’agit là de ce que certains appellent certainement ‘Un Beau Livre’. Sauf que tout le monde n’a pas la chance d’avoir des chênes dans un grand jardin où poussent de bons légumes bio, ou encore d’avoir dans son cercle d’amis des personnalités de renom et des stars du showbiz. Tout le monde n’est pas milliardaire. Je suis sur Terre, Mme Winfrey est certainement sur Jupiter. Visualisez l’écart ! Et non ce n’est pas de l’aigreur mais du réalisme. Et d’ailleurs, si je n’ai pas de chêne dans mon jardin dans vingt ans, non je n’aurai pas raté ma vie ! Ce dont je suis certaine à la lecture de ce bouquin, c’est qu’il est important de garder les pieds sur terre et de ne pas se faire trop d’illusions ; nous avons le devoir de rêver grand, très grand mais aussi de travailler tout en restant réaliste. Nous sommes bercés de tous les côtés par des idéaux pompeux, et parfois nous en oublions la vie réelle, notre vie réelle. Restons focus! Beaucoup de livres véhiculent de très beaux messages inspirants, qui donnent envie d’aller de l’avant, de déplacer des montages, mais oublient malheureusement de rappeler que le chemin est très souvent semé d’embûches, qu’on peut souffrir, être blessé, et même pas ne pas arriver à atteindre nos objectifs malgré tous nos sacrifices. C’est la Vie qui est ainsi faite!

J’aime voir le meilleur en toute chose, mais j’ai appris qu’il fallait garder les yeux ouverts et ne pas se laisser bercer de chimères. Tout n’est pas rose comme on pourrait parfois l’entendre ou le croire. Lire « Ce dont je suis certaine » me conforte dans cette idée que je dois apprendre à me faire ma propre opinion de la vie, comme l’a fait Oprah pour la sienne, et ne pas me laisser embarquer dans les théories des autres. C’est important, je crois, dans la vie de développer un esprit critique basé sur l’expérience qu’on peut avoir, quelle qu’elle soit, sur laquelle viennent se greffer ce que nous apprenons grâce aux autres. Cela appelle forcément à aller à la découverte de soi-même. Pour ma part, j’essaye de lire d’un peu de tout, je regarde des documentaires sur à peu près tout, je discute avec des personnes qui sont différentes de moi, je demande les opinions des autres, je suis ouverte à la discussion et j’aime les débats argumentés (les débats de jugements, je ne les supporte pas, je me mets toujours en colère!). Croire les paroles des autres sans se poser de questions n’est pas forcément constructif. Il ne faut pas avoir peur d’avoir des interrogations, d’être curieux.

Si je devais répondre à cette question, « Ce dont je suis certaine« ?
Je répondrais par exemple, que je ne dois jamais renoncer à moi pour plaire à autrui. L’être humain se lasse, c’est dans sa nature. Il est préférable de rester fidèle à sa propre personne en toutes circonstances, de faire le bien et d’apporter de la joie lorsqu’on le peut, sans rien attendre en retour. Lorsque nous ne serons plus à la page dans le cœur ou l’esprit de quelqu’un, nous serons mis sur le côté et tout le mal que nous ressentirons n’y changera rien. C’est la réalité des relations humaines ; elles sont complexes mais indispensables à nos vies.

Je vous laisserai ici avec cette phrase que j’aime beaucoup, écrite à la page 120, dans laquelle Oprah demande à son lecteur :

Quelle est la vérité de votre vie ? Il est de votre devoir de la connaitre.’

Mais aussi avec le titre d’un livre que je vous recommande : Eloge de la lucidité, de Ilios Kotsou.

Portez-vous bien!

24. BOOK – Un homme, de Philip Roth

Je ne me rappelle plus du tout de quel film il s’agissait, mais j’ai découvert ce livre ainsi : en regardant un film au cinéma. L’actrice principale discutait avec une amie dans une librairie puis a brandi ce livre en disant qu’il était une référence qui lui avait permis de changer son regard sur le monde. Quelques jours plus tard, je m’étais offert « Un homme » de Philip Roth. C’était en 2018. Depuis l’auteur est décédé (R.I.P.), laissant derrière lui une foultitude d’ouvrages, et à ce moment-là, moi je n’avais toujours pas lu « Un homme ».

Quelle gruge je suis! Je ne vous ai pas souhaité les bons vœux de la nouvelle année! Où avais-je la tête? Une excellente santé à chacun d’entre vous et surtout, si comme moi vous avez une pile à lire plus haute que vous, contrôlez vos achats compulsifs de livres et prenez le temps de bouquiner avec le stock dont vous disposez déjà.

Aujourd’hui j’ai enfin lu « Un homme », et d’une seule traite je tiens à le notifier. Je peux fièrement dire qu’il a été ma première lecture de cette année, et loin d’en être une mauvaise. C’est l’histoire de la vie d’un homme. A son décès, sa famille se retrouve autour de sa dépouille pour la cérémonie de l’enterrement. Le roman commence par cette séquence. Puis l’histoire de sa vie nous est ensuite racontée. Ses trois mariages, tous soldés par un divorce. Sa fille Nancy dont il est le plus proche et qui sera son ange gardien tout au long de sa vieillesse. Ses multiples combats contre la maladie. Son rapport à sa famille et plus particulièrement à son frère, un mélange de jalousie et d’admiration pour celui qui contrairement à lui, aura tout réussi dans sa vie : son mariage, ses beaux enfants, son travail florissant et sa santé de fer. Mais il s’agira aussi de ses regrets, de ses remords. De ses choix. De ses folies. De ses tromperies. De ses réussites mais aussi de ses faiblesses. Bref la vie d’un homme spécial et à la fois quelconque, racontée en toute simplicité et sans aucun jugement. Elle nous est juste présentée, comme pour rendre un dernier hommage à celui qui aura marqué à sa façon l’existence de tous ceux qu’il aura rencontrés.

En ce qui me concerne, je pense qu’on aurait pu remplacer le titre du roman « Un homme » par « Une femme », ou encore par « Quelqu’un ». C’est un récit qui en fin de compte peut s’appliquer à tout individu. À la fin de votre existence, l’on se souviendra de votre histoire, de votre vécu. On parlera de vous en disant ce que vous avez accompli, ce que vous avez réussi ou moins bien réussi. « Un homme » est une histoire dont on peut remplacer les différents épisodes pour les adapter à la vie de n’importe qui. De moi, de vous, du boulanger d’en face ou du banquier d’à côté. Lorsque j’ai refermé le livre, à la dernière page, j’ai été envahie par un étrange sentiment de bien être et de calme intérieur. Comme ça me le fait très souvent après avoir lu un bon livre, un livre qui me touche, qui m’apprend quelque chose, qui ne me laisse pas indifférente, qui me ramène à ma simple condition d’être humain. Cet homme dont Philip Roth nous parle, a eu une vie pleine, certes loin d’être facile, mais remplie et pleine de rebondissements. Il l’aura vécue, embrassée, serrée contre lui sans en laisser échapper une miette. Et peu importe les choix ou les décisions qu’il aura eu à prendre, il aura été « Un homme » parmi tant d’autres, avec ses qualités et ses défauts, avec le mérite d’avoir fait de son mieux pour les autres mais aussi pour lui, afin de trouver la paix, la joie, le bonheur.

Le style d’écriture de Philip Roth dans ce livre est doux, simple et accessible à tout type de lecteur. Que vous soyez étudiant ou à la retraite, vous pourrez le lire et y prendre, je le pense, un certain plaisir. Et si jamais vous n’aimez pas lire, vous pourrez aussi songer à l’offrir à un ami ou un parent qui sera certainement ravi de n’en faire qu’une bouchée.

Encore une fois, bonne année et prenez soin de vous!

Xx,
Manouchka.

9. LIFE – Hey Sir Bonsaï !

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Aujourd’hui, j’ai croisé la route d’un bonsaï. En plein milieu d’une cour ombragée, entre deux maisonnettes. Silencieux, majestueux, gracieux. Sûr de lui, il trônait là, parmi tant d’autres d’un genre beaucoup plus classique. Craignant de troubler sa tranquillité, j’ai d’abord marché sans faire de bruit. Puis, curieuse de sa présence, je me suis doucement rapprochée de lui. Dans le silence de cet espace, j’ai observé. Longuement. Patiemment. Puis, comme dans un moment hors du temps, j’ai perçu ses doux murmures à mon oreille. De belles paroles. D’amour, de tendresse et d’amitié. Moment de grâce. Admirer un bonsaï, que du bonheur. Un corps harmonieux, des courbes angéliques, de petites racines solidement ancrées dans un pot à peine plus grand qu’une boîte à chaussure. Un profond sentiment de paix m’a envahie quand délicatement j’ai effleuré la douce rugosité de son tronc. Ses branches semblaient appeler à leur tenir la main, à leur offrir un câlin. Une invitation à partager un petit moment de tranquillité, quand dehors, une fois de plus, tout va (beaucoup) trop vite.

Je pense sincèrement qu’il est important pour chacun d’entre nous de prendre le temps d’observer et d’admirer les beautés qui nous entourent. Et par beautés, j’entends toutes les créatures vivantes (ou pas!) qui de par leur présence, apportent une énergie autour de nous. Souvent, voire toujours pressés par nos obligations, nos rendez-vous, nos engagements, nous en oublions parfois l’essentiel qui alors s’invite de lui-même sous nos yeux. Comme un rappel pour nous dire : « Nous sommes là, venez passer un peu de temps avec nous de temps en temps! ».

Le bonsaï, selon moi, représente un concentré de douceur, de tendresse et de force dans le monde végétal. Il est majestueux, semble se suffire à lui-même et invite naturellement au respect. La forme de son tronc et de ses petites branches me font quasiment toujours penser à un petit bonhomme difforme, gras et peut-être un peu maladroit, mais dont le port de tête reste toujours fièrement levé vers le ciel. Le bonsaï est beau. Le bonsaï est fort. Le bonsaï est une inspiration. Comme dirait une bonne amie à moi, il est « bien foutu ». Il nous rappelle que dans la vie, il n’est pas nécessaire d’être filiforme ou « comme tout le monde » pour être beau et respecté.

Bref aujourd’hui, j’ai croisé un bonsaï qui m’a donné une leçon de vie.

8. BOOK – La triomphante, Teresa Cremisi

Parfois, il arrive qu’on choisisse un livre en se référant uniquement à un résumé inscrit au dos du bouquin, ou encore à un extrait du texte qui donne par avance l’impression d’une lecture qui s’annonce être du feu de Dieu! Et puis finalement, on est presque, ou totalement, loin du compte…

« La triomphante ». Déjà ce titre évoque la puissance d’une femme qu’on a hâte de découvrir, de suivre dans son histoire! L’histoire dans le fond est sympathique : une enfance en Egypte, une adolescence en Italie puis une vie adulte à Paris en France. C’est le parcours familial mais aussi professionnel, ainsi que toutes les difficultés auxquelles aura à faire face cette femme pour se forger une place solide dans la vie. Elle y raconte son aversion pour le mariage, son désir d’indépendance et de liberté.

Le point intéressant de ce roman est selon moi les belles références littéraires qu’on peut y trouver. Si vous êtes curieux et friand de littérature, l’autrice y cite pas mal d’ouvrages références qui l’ont accompagnée tout au long de son cheminement, de sa construction personnelle. Il y a également un côté féministe qui est mis en avant, et que j’ai personnellement bien aimé ; il s’agit de la manière dont l’autrice se sert de sa propre histoire pour rappeler aux femmes qu’il n’est pas nécessaire de s’écraser, de s’effacer pour plaire aux autres, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Mais au contraire, qu’il est important de s’affirmer, d’affirmer ses choix pour exister de façon authentique. Belle leçon de vie qui peut servir à toutes!

Certains passages m’ont paru intéressant à partager avec vous.

Par exemple :

« Le moment fatidique où « une petite fille devient femme », selon l’expression niaise utilisée par une de mes tantes, survint l’été de mes quatorze ans, à Antibes. J’avais été vaguement prévenue, mais cet écoulement de sang me sembla une catastrophe plus grave que je ne l’avais imaginée. Comment supporter toute la vie une telle contrainte? »

Ou encore :

« Si tu ne peux pas mener la vie que tu veux, essaie au moins de faire en sorte, autant que possible : de ne pas la gâcher dans trop de rapports mondains, dans trop d’agitation et de discours… jusqu’à en faire une étrangère importune.« 

Ou même encore :

« Le matin je louais un vélo et partais vers les phares ou le long du sentier qui surplombait les murazzi, mangeais un sandwich au jambon et aubergine, dormais sur une pierre chaude de soleil, me baignais quand j’en avais envie (en mouillant bien les cheveux, c’est une recette simple pour reprendre goût à la vie), pédalais sans hâte, m’arrêtais selon mon inspiration. »

Comme un petit goût de liberté, de carpe diem, d’hymne à la vie, ne trouvez-vous pas?

Je vous précise qu’il s’agit là d’une autobiographie, superbement écrite je trouve d’ailleurs, l’autrice ayant une très belle plume. Ce que je regrette, c’est l’absence d’intrigue. Hélas, tout est plat, linéaire, il n’y a aucun rebondissement, ce qui au fil de la lecture peut faire naître un certain ennui.

A ce propos aussi, je me pose une petite question : pour être bon, un roman doit-être nécessairement comporter une intrigue?