9. LIFE – Hey Sir Bonsaï !

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Aujourd’hui, j’ai croisé la route d’un bonsaï. En plein milieu d’une cour ombragée, entre deux maisonnettes. Silencieux, majestueux, gracieux. Sûr de lui, il trônait là, parmi tant d’autres d’un genre beaucoup plus classique. Craignant de troubler sa tranquillité, j’ai d’abord marché sans faire de bruit. Puis, curieuse de sa présence, je me suis doucement rapprochée de lui. Dans le silence de cet espace, j’ai observé. Longuement. Patiemment. Puis, comme dans un moment hors du temps, j’ai perçu ses doux murmures à mon oreille. De belles paroles. D’amour, de tendresse et d’amitié. Moment de grâce. Admirer un bonsaï, que du bonheur. Un corps harmonieux, des courbes angéliques, de petites racines solidement ancrées dans un pot à peine plus grand qu’une boîte à chaussure. Un profond sentiment de paix m’a envahie quand délicatement j’ai effleuré la douce rugosité de son tronc. Ses branches semblaient appeler à leur tenir la main, à leur offrir un câlin. Une invitation à partager un petit moment de tranquillité, quand dehors, une fois de plus, tout va (beaucoup) trop vite.

Je pense sincèrement qu’il est important pour chacun d’entre nous de prendre le temps d’observer et d’admirer les beautés qui nous entourent. Et par beautés, j’entends toutes les créatures vivantes (ou pas!) qui de par leur présence, apportent une énergie autour de nous. Souvent, voire toujours pressés par nos obligations, nos rendez-vous, nos engagements, nous en oublions parfois l’essentiel qui alors s’invite de lui-même sous nos yeux. Comme un rappel pour nous dire : « Nous sommes là, venez passer un peu de temps avec nous de temps en temps! ».

Le bonsaï, selon moi, représente un concentré de douceur, de tendresse et de force dans le monde végétal. Il est majestueux, semble se suffire à lui-même et invite naturellement au respect. La forme de son tronc et de ses petites branches me font quasiment toujours penser à un petit bonhomme difforme, gras et peut-être un peu maladroit, mais dont le port de tête reste toujours fièrement levé vers le ciel. Le bonsaï est beau. Le bonsaï est fort. Le bonsaï est une inspiration. Comme dirait une bonne amie à moi, il est « bien foutu ». Il nous rappelle que dans la vie, il n’est pas nécessaire d’être filiforme ou « comme tout le monde » pour être beau et respecté.

Bref aujourd’hui, j’ai croisé un bonsaï qui m’a donné une leçon de vie.

8. BOOK – La triomphante, Teresa Cremisi

Parfois, il arrive qu’on choisisse un livre en se référant uniquement à un résumé inscrit au dos du bouquin, ou encore à un extrait du texte qui donne par avance l’impression d’une lecture qui s’annonce être du feu de Dieu! Et puis finalement, on est presque, ou totalement, loin du compte…

« La triomphante ». Déjà ce titre évoque la puissance d’une femme qu’on a hâte de découvrir, de suivre dans son histoire! L’histoire dans le fond est sympathique : une enfance en Egypte, une adolescence en Italie puis une vie adulte à Paris en France. C’est le parcours familial mais aussi professionnel, ainsi que toutes les difficultés auxquelles aura à faire face cette femme pour se forger une place solide dans la vie. Elle y raconte son aversion pour le mariage, son désir d’indépendance et de liberté.

Le point intéressant de ce roman est selon moi les belles références littéraires qu’on peut y trouver. Si vous êtes curieux et friand de littérature, l’autrice y cite pas mal d’ouvrages références qui l’ont accompagnée tout au long de son cheminement, de sa construction personnelle. Il y a également un côté féministe qui est mis en avant, et que j’ai personnellement bien aimé ; il s’agit de la manière dont l’autrice se sert de sa propre histoire pour rappeler aux femmes qu’il n’est pas nécessaire de s’écraser, de s’effacer pour plaire aux autres, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Mais au contraire, qu’il est important de s’affirmer, d’affirmer ses choix pour exister de façon authentique. Belle leçon de vie qui peut servir à toutes!

Certains passages m’ont paru intéressant à partager avec vous.

Par exemple :

« Le moment fatidique où « une petite fille devient femme », selon l’expression niaise utilisée par une de mes tantes, survint l’été de mes quatorze ans, à Antibes. J’avais été vaguement prévenue, mais cet écoulement de sang me sembla une catastrophe plus grave que je ne l’avais imaginée. Comment supporter toute la vie une telle contrainte? »

Ou encore :

« Si tu ne peux pas mener la vie que tu veux, essaie au moins de faire en sorte, autant que possible : de ne pas la gâcher dans trop de rapports mondains, dans trop d’agitation et de discours… jusqu’à en faire une étrangère importune.« 

Ou même encore :

« Le matin je louais un vélo et partais vers les phares ou le long du sentier qui surplombait les murazzi, mangeais un sandwich au jambon et aubergine, dormais sur une pierre chaude de soleil, me baignais quand j’en avais envie (en mouillant bien les cheveux, c’est une recette simple pour reprendre goût à la vie), pédalais sans hâte, m’arrêtais selon mon inspiration. »

Comme un petit goût de liberté, de carpe diem, d’hymne à la vie, ne trouvez-vous pas?

Je vous précise qu’il s’agit là d’une autobiographie, superbement écrite je trouve d’ailleurs, l’autrice ayant une très belle plume. Ce que je regrette, c’est l’absence d’intrigue. Hélas, tout est plat, linéaire, il n’y a aucun rebondissement, ce qui au fil de la lecture peut faire naître un certain ennui.

A ce propos aussi, je me pose une petite question : pour être bon, un roman doit-être nécessairement comporter une intrigue?

 

6. LIFE – Sharing is caring

Pas un jour ne passe sans que je ne me connecte aux réseaux sociaux pour voir ce qui a été partagé par mes blogueuses, mes twitteuses ou mes instagrameuses préférées. Curieuse de nature, j’ai toujours aimé aller à la rencontre des autres. Et grâce à ces nombreux échanges, j’apprends beaucoup de belles choses. Cela m’amène souvent à des réflexions diverses, par exemple sur les rapports humains, sur ma condition de femme, sur le parcours plus ou moins compliqué de certaines personnes, sur le but de notre existence, bref des questions existentielles que je pense se posent pas mal de personnes comme moi.

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J’ai toujours en ma possession un nombre incalculable de carnets sur lesquels j’écris des petits mots, des petites phrases, des réflexions issus de mes discussions avec ma famille ou mes amis, ou encore de livres que je lis. Et bien souvent, l’envie me vient d’en faire des articles sur ce petit bout de toile qui est le mien, dans le simple but de partager. La plupart du temps, je me retiens de le faire… Pourquoi? Parce que je me dis simplement que ma voix risque de se perdre dans toute cette masse de blogs, d’articles, de témoignages tous plus intéressants les uns que les autres et déjà disponibles sur internet. En gros, je me dis que cela ne servirait à rien. Pourtant, je ne cache pas qu’à l’époque de Frisettes et compagnie – pour ceux qui ont connu cette belle aventure – j’adorais partager de tout en tout temps. Partager dans le but premier d’échanger, et cela a été un enrichissement personnel – humainement parlant – incroyable! J’avance aujourd’hui en me posant régulièrement la question qui suit : « A quoi bon écrire? Si c’est pour dire des choses que d’autres disent déjà? ».

Et puis j’ai rencontré hier par le plus grand des hasards, une femme absolument merveilleuse, que j’appellerai M. M. et moi nous sommes rencontrées grâce à une bonne amie que nous avons en commun. La première impression que j’ai eue de M. a été puissante. Elle m’a impressionnée. Je l’ai trouvée belle, très belle. Nous sommes allées toutes les trois dîner. Nous nous sommes échangées nos comptes Instagram, afin de découvrir nos univers « virtuels » (pas si virtuels que ça me direz-vous). Elle s’est exclamée à un moment où je m’y attendais le moins « Mais il est trop beau ton blog! ». Etonnée, je lui ai répondue « Ah bon?! Mais je n’écris plus rien, je ne m’en occupe quasiment plus, je ne sais pas si ça sert à grand chose. ». Elle m’a tout simplement dit : « Ecris, tu as sûrement des choses à dire, et il suffit d’une personne pour que ton blog ait un impact. ». Je lui ai promis d’y réfléchir. Puis, au cours de la soirée, nous en sommes toutes les trois venues à parler de sujets plus personnels, où ont été abordés des sujets sensibles, tels que la position de la jeune fille dans la société africaine, de la femme dans son couple, dans son foyer. Des échanges intimes d’une puissance assez étrange. Je suis repartie de là le cœur profondément reconnaissant envers la vie de m’avoir permis de rencontrer M. C’était écrit quelque part que nos routes se croiseraient je crois, et comme disent les anglais : « I am grateful! » Elle a réveillé mon âme. Son sourire m’a touchée. Son histoire m’a marquée. Les histoires de ces deux femmes m’ont marquée. Et surtout, elles m’ont simplement rappelé l’importance de l’humilité. Partager son histoire, ses expériences, c’est faire preuve de suffisamment d’humilité pour se dire qu’on est un parmi des milliards et qu’on n’est rien… Une histoire parmi tant d’autres, c’est ne pas avoir peur de se perdre, de se noyer dans la foule. C’est être reconnaissant pour sa vie, pour ses joies et ses peines et se dire qu’on n’a pas besoin d’être « quelqu’un » pour témoigner et partager sa petite expérience.

Il y aura toujours quelqu’un prêt à vous recevoir, à vous prêter son oreille, à apprendre de vous. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait foule pour que votre expérience soit enrichissante! Nous sommes tous nés pour être important, d’une façon ou d’une autre, dans la vie d’une personne au moins, je crois…

Je pique l’idée à mon meilleur ami qui, lorsqu’il écrit, indique régulièrement la chanson qu’il écoute pendant qu’il rédige son billet! Aujourd’hui, j’ai donc écouté « Sunset Lover », de PETIT BISCUIT.

Prenez soin de vous!