46. BOOK – Présence de Dieu de Neale Donald Walsch

Avant d’en venir au livre, laissez-moi vous raconter une petite anecdote.

Un jeune homme m’a posé il y a quelques années la question suivante : « Et sinon, qu’est-ce que tu fais dans la vie? ». C’était lors d’une soirée culturelle où je prenais du bon temps avec un groupe d’amis. Question à laquelle j’ai malicieusement répondu en souriant face à l’air condescendant qu’il arborait : « Rien, j’existe ». Je me souviens encore de son regard rempli d’étonnement, pour ne pas dire de son épouvante (Ô Sacrilège! Une femme qui ne fait rien de sa vie!) au moment où je finissais de prononcer ces mots.

Il m’a posé la question une seconde fois : « Pardon? Tu fais quoi dans la vie?! ». Sereinement, et toujours le sourire aux lèvres, je lui ai à nouveau répondu : « Je te l’ai dit, j’existe, je ne fais rien de particulier, je me contente d’exister. »

A ce genre de question – Tu fais quoi dans la vie? – on s’attend généralement à ce que vous répondiez par un « Je suis graphiste » ou « Je suis entrepreneur dans le domaine du bâtiment », ou encore « Je suis analyste financier » ou « Femme au foyer ». N’importe quoi qui pourrait attester de votre statut professionnel ou sociétal, mais sûrement pas un vague « J’existe! » qui pourrait dangereusement pousser l’interlocuteur au désintéressement total.

Autant donc vous dire que je venais de passer aux yeux de ce monsieur pour une femme à la limite du déséquilibre mental, probablement perchée, en quête de sens primaire pour sa vie. J’étais sur le moment tout, sauf quelqu’un d’intéressant. J’en avais bien ri car je savais en lui répondant qu’une réplique atypique le mettrait dans une forme d’inconfort et qu’il me tournerait sans aucun doute le dos. Et c’est bien dommage car je ne m’étais pas trompée sur ce que j’appelle là une étroitesse d’esprit.

Inutile de vous préciser que notre conversation s’était arrêtée là et que nous nous sommes plus jamais revus.

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La lecture de Présence de Dieu, de Neale Donald Walsch, m’a ramenée au sens de la vie comme souvent nous oublions de l’appréhender ; notre relation à nous-même tout d’abord, mais aussi aux autres, à Dieu, à l’Univers. Ces thématiques essentialistes sont au cœur de cet ouvrage. Au fil des paragraphes, nul doute que l’auteur cherche à nous faire réaliser que nous sommes la personne la plus importante de notre existence, et que nous sommes surtout faits d’amour que nous sommes naturellement appelés à donner à ceux qui nous entourent. Et contrairement à ce que la société actuelle nous pousse à considérer et à croire, notre richesse matérielle, notre métier ou notre patrimoine ne devraient pas être nos identifiants. Les éléments qui nous construisent et qui nous définissent ne devraient pas être extérieurs à nous.

Aussi, pour l’auteur, il est important d’accorder nos valeurs et nos croyances à nos actions. Il n’est pas bon pour notre bien-être de répondre à des requêtes extérieures juste pour rentrer dans un moule et faire comme tout le monde. Par exemple, lorsque vous participez à une manifestation, croyez-vous vraiment au message diffusé ou y allez-vous seulement pour être bien vu des autres?

« Qui suis-je vraiment? » est LA question qui découle de la lecture de Présence de Dieu.

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Lorsque j’ai arrêté de me défriser les cheveux en 2009, je me rappelle avoir consacré un nombre incalculable à l’entretien et aux soins de mes cheveux naturels, qui en toute franchise, me le rendaient bien : ils poussaient fabuleusement, étaient en bonne santé, et j’en étais très fière. Je tenais aussi un blog sur lequel je partageais toutes mes expériences et toutes mes astuces, mon journal de bord capillaire. J’y mettais tellement de temps et d’énergie que j’en étais naturellement venue à m’identifier à … mes cheveux ! Je ne m’imaginais plus être Manouchka sans ma touffe, sans mon afro. Je refusais de songer à la possibilité de me faire couper quelques longueurs, par crainte de ne plus ‘exister’. Et cela avait duré des mois!

Jusqu’au jour où, sur un coup de tête en 2011, j’ai demandé à me faire couper les cheveux extrêmement courts, pour ne pas dire à ras. Une merveilleuse sensation de m’être libérée d’un fardeau m’avait envahie. En quelques coups de ciseaux et de tondeuse, ma personne n’était plus réduite à ma touffe de cheveux. J’étais maintenant une personne, une femme, avec des émotions, des joies et des peines, une histoire, un désir de me construire et de progresser dans la vie, des rêves, des projets, etc. Je n’étais plus des cheveux frisés, un blog ou des soins capillaires maison. Mes cheveux ont repoussé depuis, et je n’ai plus eu peur de les recouper à plusieurs reprises, selon mes envies.

Et aujourd’hui encore, en réalité, je ne suis ni mon travail, ni ma voiture, ni ma maison ou encore les livres qu’un jour j’écrirai. Je ne suis pas mon club de lecture ou les livres que je lis. Je ne suis pas ma relation de couple ou mes chaussures préférées. Je ne suis pas les amoureux que j’ai eus ou les amies que j’ai perdues. Tous ces éléments extérieurs à ma personne ont leur importance et leur précieuse place dans ma vie, mais je ne peux (et ne veux) pas être réduite uniquement à eux.

Il m’est arrivé, et il m’arrive encore, de me poser la question : Qui suis-je vraiment? Et de la retourner dans ma tête de toutes les manières possibles. Qui suis-je vraiment? Nous sommes tellement nombreux en réalité à nous poser cette question à un moment donné ou à un autre de notre vie. Ce qui est totalement naturel ! Et la réponse, comme le souligne cet ouvrage encore une fois, est à l’intérieur de nous : qu’aimons-nous? quelles sont nos valeurs? nos principes? en avons-nous? en quoi croyons-nous? Il est intéressant voire indispensable de faire régulièrement le point sur notre personne, et voir si le chemin que nous choisissons d’emprunter dans la vie correspond effectivement à ce que nous sommes vraiment.

Toutes ces choses matérielles que nous possédons, ou pensons posséder, peuvent un jour ou l’autre finir par disparaître. Sans prévenir! Que restera-t-il pour nous définir si ce n’est ce dont nous disposons à l’intérieur de nous?

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Quand je repense à ce jeune homme qui, quelques années auparavant, m’a demandé ce que je faisais dans la vie, je souris encore aujourd’hui car je suis contente de ne pas avoir eu à ME définir en premier lieu par mon travail. Ce que je trouve dommage, c’est que l’on s’en tienne généralement au métier d’une personne dans nos sociétés, ou du moins à son activité professionnelle, pour lui accorder un certain crédit. Nous devons nous souvenir que nous sommes tous bien plus que nos emplois.

Pour prolonger la lecture, je vous recommanderai de lire également Conversations avec Dieu du même auteur, disponible en trois tomes. Mais si vous n’êtes pas très motivés par les versions écrites, vous pouvez aussi écouter les versions audio disponibles sur YouTube. De vraies pépites à partager autour de soi.

 

9 réflexions sur “46. BOOK – Présence de Dieu de Neale Donald Walsch

  1. Good yo read you ! La question du « tu fais quoi dans la vie ? » nous renvoie effectivement au fait qu’aux yeux de la société, nous n’existons que par notre situation professionnelle … malheureusement … en même temps, je me dis que face à un inconnu, pour engager une conversation, il faut bien commencer par qqch. Donc cette question, bien que dérangeante ou saoulante par moment, n’est pas complètement nulle

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    • Hellooo ma belle! Toujours un plaisir de lire tes commentaires. Comment vas-tu ? Tu as raison, il faut bien commencer la conversation par quelque chose. A nous de changer le discours, ou sinon de poser d’autres questions pour amener l’interlocuteur à parler autrement de lui? Sujet intéressant cela dit. Merci pour ton apport! Je t’embrasse!

      Aimé par 1 personne

  2. « je ne suis ni mon travail, ni ma voiture, ni ma maison ou encore les livres qu’un jour j’écrirai. Je ne suis pas mon club de lecture ou les livres que je lis. Je ne suis pas ma relation de couple ou mes chaussures préférées. Je ne suis pas les amoureux que j’ai eus ou les amies que j’ai perdues. Tous ces éléments extérieurs à ma personne ont leur importance et leur précieuse place dans ma vie, mais je ne peux (et ne veux) pas être réduite uniquement à eux. »

    Je suis tombée amoureuse de ce paragraphe. Je l’aime de tout mon coeur.

    Après lecture de ton texte je me rends compte que me présenter est très difficile pour moi. « Mon nom est… je travaille à…  » est très réducteur. Je ne suis pas ces choses-là. Du coup j’ai du mal, surtout lors des conférences où chacun décline des titres vrombissants !

    Aimé par 1 personne

    • Des titres vrombissants qui parfois te poussent à te demander si ta place est légitime. Alors qu’elle l’est! Je pars du principe que toutes les personnes qu’on rencontre ont une histoire à partager, ont quelque chose à apporter pour nous aider à nous construire, toutes ces personnes, qu’elles soient DG de banque ou ménagère ou vendeuses d’oranges ou que sais-je, ont des histoires, des rêves, une âme etc. Nous sommes tous dignes ! Merci infiniment pour ton beau retour, tu sais combien venant de toi, ça me touche.

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