44. Inspirations coréennes et petite leçon de minimalisme

Comment allez-vous ?

Depuis environ deux semaines, j’ai décidé de me déconnecter du réseau social Instagram, et ce pour une durée indéterminée pouvant aller d’un simple mois à mille cinq cent ans ; j’avais besoin prendre du recul, faire le point comme on dit souvent, revenir à l’essentiel. Entre temps, de tragiques évènements ont embrasé l’actualité, dont la mort absolument choquante de George Floyd tué par un policier blanc aux Etats-Unis, et les nombreuses manifestations anti-racisme, plus ou moins violentes, à travers le monde.

Je n’ai rien écrit ou tweeté à ces sujets, et il faut dire qu’à certains moments, je me suis sentie coupable de ne pas afficher ma prise de position. Pas parce que je n’avais rien à dire, non, car j’en discute beaucoup en privé avec mes proches et mes amis et nous avons nos avis sur la question. Je me suis sentie coupable parce que nous sommes venus à un point où lorsqu’on ne dit rien sur les RS, certains assimilent ce silence systématiquement à une validation ou au cautionnement des oppresseurs. Le fameux dicton du ‘Qui ne dit mot consent’.

Il arrive juste que parfois l’on se sente dépassé par les évènements extérieurs, rajoutez-y la détresse de la vie personnelle et le résultat est que l’on manque de force pour crier ses idées. On broie du noir, on se sent impuissant, et on a la certitude que nos plaintes n’y changeront rien. Bien sûr, selon qu’on soit une personne lambda, un influenceur à 800 mille abonnés ou un chef d’Etat, le problème ne se pose pas de la même manière. Et de mon point de vue strictement personnel, au fameux dicton du ‘Qui ne dit mot consent‘ j’ai envie d’accrocher cette suite : ‘Mais il vaut mieux parfois faire silence que de raconter des bêtises!‘.

Bref, quand je n’ai rien de constructif à dire sur les R.S., surtout en ce qui concerne des sujets aussi sensibles et importants, je préfère me taire. Mais cela ne veut absolument pas dire que je cautionne le mal.

Le racisme est un fléau, une profonde calamité pour notre société, et en 2020 je trouve complètement fou que certains soient encore à penser que les Noirs, parce qu’ils sont Noirs, sont au bas de l’échelle. C’est quelque chose qui dépasse mon entendement. Il n’y a pas de mots pour décrire fidèlement la rage et la fureur qui m’animent lorsque je tombe sur les discours de certains hommes non Noirs dont je n’ai aucunement l’envie de citer les noms (ce serait leur faire honneur!), discours qui nourrissent clairement la haine raciale et la violence, et que l’on continue d’inviter sur des plateaux télés!

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Comme je vous le disais, faire une detox des réseaux sociaux était une nécessité pour moi. Par contre, de YouTube je ne peux me passer car j’y consomme beaucoup de contenu que je considère instructif et/ou positif, qui me font du bien et m’aident à nourrir et à entretenir une attitude constructive. Livres audio, sessions workouts, playlists de musiques relax ou encore développement personnel et partages d’expérience, la liste est longue.

Pendant cette période off de IG, j’ai donc eu le plaisir de redécouvrir et regarder quantité de vidéos postées par quelques youtubeuses coréennes et je peux vous dire que j’en suis littéralement devenue accro. Laissez-moi partager avec vous ce qui m’a conquise.

Tout d’abord, ces vidéos sont de vraies réserves de douceur. Nos gestes de tous les jours sont effectués de manière tellement automatique que nous en oublions littéralement de les apprécier. Personnellement, lorsque je me prépare une tisane par exemple, tout ce qui m’intéresse, c’est d’être rapidement assise dans mon canapé et de la boire. Je ne profite pas du tout du moment que je passe à la préparer. Alors que dans ces vidéos, chaque geste prend toute son importance. Je trouve cela magique! Préparer sa tasse, sélectionner sa tisane, chauffer l’eau et la faire couler dans la théière. Tout est source de plaisir et même de contemplation. Cela ramène à la joie de profiter simplement du moment présent. Une forme de méditation.

Ensuite, beaucoup de youtubeuses coréennes que j’ai choisi de suivre sont axées vers le minimalisme. J’en parlais il y a quelques jours avec l’une de mes sœurs d’ailleurs, partageant avec elle mon désir de me séparer de quantité d’effets que je jugeais aujourd’hui superflus voire encombrants. Elle a gentiment ri de moi, car bien entendu elle me connait mieux que personne et sait que j’adore acheter foule de nouveaux gadgets pour la maison.

Sauf que depuis quelques temps, je remarque clairement que je porte toujours les mêmes vêtements, ceux dans lesquels je me sens le mieux. J’utilise les mêmes assiettes et les mêmes verres. Beaucoup de produits cosmétiques sont entassés dans la salle de bain depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire mois, sans que je ne les utilise.

Dans le fond, un tri serait rapidement fait. Ce qui rend les choses compliquées, c’est de se détacher de ces effets ‘en trop’ qui pourtant ne nous servent jamais au quotidien. Les questions qui, selon moi, méritent d’être posées en pensant à ces objets sont : sont-ils importants? en ai-je vraiment besoin? me rendent-ils heureuse? puis-je m’en passer? D’ailleurs, je vous recommande la lecture de cet article sur le Blog de C. Befoune, Mes Digressions, pour en savoir plus sur la notion de minimalisme, et aussi un documentaire à regarder – Minimalism – disponible sur la plateforme Netflix.

Enfin troisième et dernier point : la place accordée aux sons dans ces vidéos. Je ne suis pas dérangée de ne pas comprendre le coréen, lorsque les vidéos sont parlées. Pour celles qui ne comportent pas de textes parlés, les sons émis par les ustensiles, les objets ou les gestes effectués avec les mains sont aussi extrêmement reposants. Et même lorsqu’elles sont parlées en coréen, les vidéos ne perdent aucunement de leur pouvoir apaisant, les coréennes que je suis parlent généralement posément, en prenant leur temps et c’est très agréable. Et puis si on y tient, les sous-titres sont disponibles pour la plupart des contenus.

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Dans les prochains jours, je prendrai le temps de vider mes armoires et de mettre dans des cartons les vêtements que je porte rarement voire jamais, y compris ceux que je possède depuis des années, attendant la ‘parfaite’ occasion pour les enfiler. J’ai fini par me faire une raison : l’occasion ‘parfaite’ ne se présentera pas. Je pense que je viderai également les placards de la cuisine, j’en retirerai les vaisselles qui sont en trop. Idem pour les tiroirs à produits cosmétiques, ceux qui sont ouverts depuis belle lurette voire abîmés iront à la poubelle (c’est effectivement de l’argent gaspillé, malheureusement, mais il vaut mieux jeter une crème trop vieille que de l’utiliser et avoir une réaction qui pourrait conduire à l’hôpital).

Que faire de tous ces effets ‘en trop’? Les vendre à petits prix par exemple, c’est une manière de se faire un peu d’argent. Les donner à des personnes qui pourraient en avoir besoin. Se séparer des excédents et se défaire de ce qui encombre permet de faire de la place, pas forcément pour remplacer ce qui est parti mais simplement pour se créer un nouvel espace plus sain, plus clair, plus aéré.

Je pense d’ailleurs que les choses fonctionnent de la même manière au niveau du mental. Parfois certaines idées superflues restent accrochées à notre esprit parce que nous ne prenons pas la décision ferme de nous séparer de la souffrance qu’elles peuvent engendrer. Ces idées à la longue s’accumulent, forment des paquets, et pèsent, lourd, parfois trop lourd et nous épuisent. Prendre du recul avec les réseaux sociaux de temps en temps me permet aussi de mettre à la passoire tout ce qui peut emplir mon cerveau. Et ça me fait toujours beaucoup de bien.

En attendant de me reconnecter, j’écoute donc de la musique, des podcasts, je lis, je me repose, je dors, je regarde des documentaires ou, comme je vous le disais, des vidéos lifestyle coréennes sur YouTube.

Je voudrais finir en partageant avec vous deux vidéos : une vidéo lifestyle d’une youtubeuse coréenne que j’apprécie beaucoup, et une vidéo qui explique l’inutilité du pessimiste (si on peut parler d’inutilité), qui montre en quoi être négatif n’est absolument pas constructif dans un monde où l’injustice règne à plusieurs niveaux, où un grand nombre de données ne dépendent pas de nous.

Parfois il vaut mieux accepter, se laisser vivre et essayer d’agir chacun à notre petite échelle pour améliorer notre quotidien et celui de nos proches.

Prenez soin de vous!

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Je suis Manouchka. Sur ce blog, je partage mes lectures, mes pensées, mes écrits. Vos retours enrichissent le débat, n’hésitez donc pas à me laisser vos commentaires et vos avis. Et par dessous tout, merci de me lire !
A bientôt !

4 réflexions sur “44. Inspirations coréennes et petite leçon de minimalisme

  1. J’ai été très touchée par la première partie de ton article mentionnant le fait que l’on soit jugé coupable de ne pas parler de certaines choses sur les RS. Honnêtement, je l’ai assez mal vécu et ai eu l’impression que l’on me tapait sur les mains comme une petite-fille !! Tous ces grands moralisateurs virtuels m’ont pompée bcp d’énergie donc j’ai vachement réduit ma présence sur IG également … je pense ne pas être loin de la déconnexion presque complète pour qq temps pour ma santé mentale ! Merci pour ton article.

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    • Ta santé mentale est très importante. Tu peux jouer ta part de différentes manières, à toi de trouver la meilleure à ton échelle et à y aller! Je t’envoie plein de bonnes ondes. Prends soin de toi, merci de m’avoir lue surtout.

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