37. Projet, Poirier et Podcast

J’ai récemment demandé à une amie si elle savait faire le poirier. D’un ton très enjoué, elle m’a répondu : « Mais ouiii!! On faisait ça quand on était à l’école, attends que je te montre! ». Je n’aime pas assister aux tentatives d’acrobaties, j’ai toujours peur qu’un os se brise ou qu’un muscle se déchire ; j’ai donc tourné les talons et suis partie me préparer un tasse de thé à la cuisine. D’autres diront que j’étais sans doute aigrie. Bon. Peut-être. Oui. Un peu. Juste un peu.

Bref, vous l’aurez deviné : je ne sais pas faire le poirier. Et je n’y arriverai probablement jamais!

Selon les experts, le poirier, techniquement appelée Sirsana, est une position de yoga qui aurait quantité de bienfaits : elle réduirait l’anxiété et le stress, améliorerait la digestion mais aussi la peau, la vue, la santé du cuir chevelu, développerait les abdominaux, augmenterait la concentration, stimulerait le système lymphatique, et la liste ne s’arrêterait pas là. Bref, autant de bonnes raisons qui devraient me motiver à m’y exercer, me diriez-vous.

Sauf que non, ça coince. Ça coince même très fort! Pour tout vous dire, je n’ai aucune envie de faire des efforts. Les rares fois où j’ai tenté de me coller à cet exercice, j’ai eu mal au cou et ai transpiré (de nervosité) comme jamais. Depuis, j’ai tout simplement abandonné l’idée de pouvoir un jour crâner dans cette position qui ne cesse pourtant de me faire rêver.

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En fait, ce qui se passe est simple : je me suis toujours imaginée partir de zéro pour arriver directement à cet instant où le poirier est parfaitement exécuté. Dans ma tête, l’entre deux n’existe pas. Il n’y a pas d’apprentissage, pas d’entraînement, pas de répétition. Je refuse d’en prendre conscience ou d’en entendre parler. Sauf que, en ce qui me concerne, je ne connais personne qui ait réussi à faire un parfait sirsana en partant de rien.

On m’a souvent dit et répété qu’il fallait se focaliser sur les objectifs. Focus on the outcome. Se concentrer sur le résultat est une excellente chose. Visualiser ce qu’on souhaite accomplir permet de travailler son imagination et de définir clairement les contours de ce qu’on entreprend. Mais il est aussi, je pense, très important de ne pas perdre de vue les différentes étapes du parcours qui mène au résultat recherché.

Mon poirier ne sera jamais exécuté du jour au lendemain.

Mais alors, quelle est donc cette voix dans ma tête, qui au lieu de me raisonner et me dire qu’il est plus sage et plus réaliste de travailler cette position au quotidien pour obtenir un bon résultat un jour, me berce d’illusions en me faisant croire que je peux le faire en 25 secondes (avec toutes les chances de me tordre le cou) ?! Une voix qui, j’ai fini par en conclure, ne me veut pas forcément du bien.

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En fait, tout dépend de la personnalité dont on est dotée. Personnellement, le temps et les expériences m’ont montré que j’étais une adepte de l’étape par étape. Procéder ainsi m’aide à ne pas flancher et à rester motivée. Toutes les réalisations et tous les projets que j’ai pu mener à bien ont été accomplis en adoptant ce mindset. Je procède généralement en écrivant mes projets dans un cahier – certains utilisent aussi des vision boards – ainsi que tous les échelons à gravir pour la réalisation de ces projets. Au fur et à mesure que les étapes sont franchies, je les raye d’un trait ; j’en tire non seulement de la satisfaction mais aussi de la motivation pour continuer ma route.

Actuellement par exemple, un de mes objectifs personnels est de parvenir à lire un livre entier rédigé en anglais avant la fin de l’année. Je sais que je n’y arriverai pas du premier coup. Alors je m’exerce dans un premier temps avec des articles de presse ou de blog, des livres pour enfants, voire d’adolescents, des livres de citations, qui ne requièrent pas de longue ou grande concentration. Puis viendra le moment j’en suis sûre où je pourrai choisir un livre entier adapté à mon niveau et atteindre mon objectif. Je préfère nettement me focaliser sur ma progression, que sur la visualisation que j’ai de moi lisant un livre de 350 pages en anglais. Petit à petit, l’oiseau fait son nid.

Pour en revenir au poirier, si je n’y suis pas arrivé, c’est selon moi parce que je n’ai pas eu le courage, ou devrais-je même dire l’humilité, d’accepter le fait que je ne pouvais aucunement le réussir du premier coup. Et à juste titre : il faut du temps, il faut se muscler le haut du corps, avoir des épaules solides pour supporter le poids du corps (qui ne doit en aucun cas reposer sur le cou pour éviter de se blesser) et il faut de la pratique sur parfois plusieurs années! J’ai honnêtement eu peur de m’y engager. Et peur de ne pas tenir le rythme.

C’est pour cette même raison que je ne suis pas régulière en terme d’activité physique sur le long terme. Le résultat est toujours enthousiasmant! Mais les efforts et la persévérance qui cela exigent me découragent assez rapidement.

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J’écoute depuis peu un podcast que j’aimerai partager avec vous, et que je vous recommande par la même occasion pour son format très court et son contenu inspirant accessible à tous. Il s’agit du 7 Good Minutes Daily Self-Improvement Podcast. L’épisode qui a particulièrement retenu mon attention s’appelle « Using the Power of Vizualization To Achieve Your Goals« . J’y ai appris que la visualisation d’un objectif atteint produisait de la dopamine, l’hormone du bonheur, mais que le plaisir et l’euphorie liés à cette hormone n’étaient ressentis que sur un court terme. Et que c’était la concentration sur le process lui-même qui permettait de maintenir un certain niveau de concentration et de motivation, nécessaires à la réalisation des projets.

Ne vous méprenez pas, je ne réessayerai pas de me lancer dans le poirier. Finalement, je pense que je ne suis juste pas faite pour ça. Il y a beaucoup d’autres positions de yoga que j’apprécie travailler avec patience et détermination. Je continuerai de les pratiquer. Mais le poirier, disons qu’il me continue de me faire fantasmer. Et qu’il m’effraie à la fois.

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Tout compte fait, l’idéal serait d’adopter la méthode qui convient le mieux à ce que l’on est. Personne ne nous connait mieux que nous-même. Personne ne peut nous dire ce qui fonctionne le mieux pour nous. Il existe tellement de conseils sur la question, de théories, de partages d’expériences. Le plus important je pense, est d’être à l’écoute de soi et de trouver sa voie.

Peu importe la technique que l’on retiendra : que l’on soit de ceux qui fixent leur point d’arrivée sans jamais le quitter des yeux et qui y foncent sans marquer d’arrêt, ou de ceux qui avancent en faisant le point à chaque progression, ce qu’il y a de plus fondamental est de pouvoir se lancer, de donner son maximum et d’en être fier, satisfait, content.

Que ce soit écrire un livre, faire vivre un club de lecture, lancer une entreprise et la faire prospérer, devenir peintre ou coiffeuse, apprendre une nouvelle langue, ce qui compte, c’est d’être conscient des efforts à fournir et surtout, de ne pas lâcher en cours de route.

Et puis si il y arrivait qu’un projet soit un échec, gardons à l’esprit qu’il est toujours possible d’en construire un autre, et de recommencer. La vie est une aventure, comme j’aime à souvent le dire.

Sur ce, je retourne à mes lectures, et en anglais ! s’il vous plait !

 

 

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