22. BOOK – Comme par magie, de Elizabeth Gilbert

Pour mes quelques jours de détente cet été, j’ai choisi d’emporter dans mes valises un livre ‘léger’. Une couverture colorée, un titre qui peut laisser songeur, et surtout pas trop épais – eh oui, le nombre de pages aussi compte ! « Comme par magie » de Elizabeth Gilbert.

Est-ce une impression personnelle ou un fait avéré ? Mais la créativité est vraisemblablement un sujet d’actualité. En librairie on trouve foule de bouquins, des blogs en parlent à toutes les sauces et sur YouTube, des vidéos en voulez-vous en voilà. Et je dois avouer que c’est un sujet intéressant, qui mérite que l’on s’attarde dessus.

Personnellement, avant de lire ce roman de Elizabeth Gilbert, j’avais l’impression que la créativité était une forme de don, de pouvoir magique. Et que tout le monde ne pouvait pas avoir la chance d’en être doté. Les personnes auxquelles je pensais en terme de créativité étaient toujours voire uniquement des artistes; des stylistes et des écrivains. Par exemple, vous convenez avec moi que Jean-Michel Basquiat, peintre noir mondialement célèbre, est indéniablement créatif ! George RR Martin, écrivain et auteur de la saga « Game of Thrones » est on-ne-peut-plus créatif également. Prenons d’autres exemples plus accessibles. Ma belle mère, couturière et styliste pleine de talents, est créative : lorsque je la vois couper ses pagnes en murmurant de petites phrases à peine audibles, je ne peux m’empêcher de me dire qu’elle est magique. Ma sœur, photographe, sait regarder le monde comme je ne saurais le faire – vive la créativité ! Et le monde regorge de ce type d’exemples, il suffit que vous regardiez autour de vous. Les gens sont créatifs, et par je ne sais quel mystère, parviennent à matérialiser multitude de pensées fabuleuses qui naissent dans leur esprit.

En ce qui me concerne, je ne me considère pas vraiment comme quelqu’un de créatif, voire pas du tout. J’ai beaucoup de mal à me laisser aller quand par exemple il m’est demandé de faire des gribouillis au stylo, ou au pinceau. Je suis constamment concentrée sur l’importance de faire quelque chose de ‘propre’, de ne pas dépasser les lignes au cours d’une séance de coloriage. Sans compter le fait que j’ai énormément de mal à laisser voyager mon imagination. En clair, je suis longtemps restée bloquée sur l’idée que mon esprit était probablement rigide, ou trop cartésien. Comme je vous l’ai écrit plus haut, je pensais que la créativité était réservée à certaines chanceuses personnes.

Et puis j’ai lu « Comme par magie ».
Et puis j’ai compris que les choses n’étaient pas aussi figées dans la vie.
Et puis j’ai réalisé que nous pouvions tous jouir de ce pouvoir magique qu’est la créativité.

Elizabeth Gilbert a écrit ce livre dans un style vraiment très « cool ». J’ai eu l’impression qu’une amie me parlait directement. Le ton est léger et teinté d’humour. C’est un livre vraiment très agréable à lire. Idéal pour traîner au bord de la mer ou sur une terrasse ensoleillée. Avec des mots bien à elle, et en partageant également son histoire personnelle, l’auteure nous explique sa perception de la créativité.  Pour elle, tout le monde peut être créatif. Sans exception. Et non, ce don n’est pas uniquement réservé à une certaine élite. Pour embrasser sa créativité, il faut avant tout reconnaître l’existence de la créativité, la considérer comme une amie qui nous accompagne tout au long de notre vie, accepter de se laisser emporter dans une histoire avec elle et ne pas lutter contre ses appels. Laissez-vous porter par vos envies, de couleurs, de formes, d’odeurs, de mélodies. Ne pensez pas que votre imagination est absurde, ne la jugez pas. Tout ce que vous imaginez est légitime et a le droit d’être exprimé. Un dessin, une histoire, une chanson, un style vestimentaire, peu importe. La créativité peut se manifester de diverses manières dans nos vies, à nous de savoir lui donner vie. Aussi, Elizabeth Gilbert nous explique qu’il n’est pas obligatoire que la manifestation de notre créativité donne naissance à quelque chose de parfait. Parfois un dessin est réussi, et parfois non. Parfois il peut plaire, parfois non. Mais que quelqu’un en soit friand ou pas ne nous concerne pas. Les goûts et les couleurs… comme dit le dicton, ne se discutent pas. Dans tous les cas, rien n’est grave. Le plus important étant de laisser notre créativité se manifester.

Un point que j’ai également trouvé intéressant, celui où l’auteur explique que la créativité mise au service de l’argent se meurt. Concrètement, si votre objectif est avant tout de devenir riche en créant, vous ne serez pas aussi excellent que vous vous laissiez avant tout porter par le simple désir de créer, de vous réaliser, de laisser libre cours à votre créativité. Vous pourriez même, selon l’auteur, être médiocre.

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à lire cet ouvrage. Il est beau, joyeux, magique, il donne envie de croquer la vie tout simplement. Faites-vous plaisir, faites ce que vous aimez dans la vie, ou au moins, essayez !

A très vite !

21. NETFLIX – Coups de cœur actuels

Bonjour !

J’ai eu quelques coups de cœur sur Netflix, et je souhaite les partager avec vous. J’espère qu’ils vous donneront envie, et aussi vous plairont. N’hésitez pas à me dire par la suite vos avis, mais aussi à me donner vos recommandations.

Je commence par « BRENE BROWN – The call to courage« .

The call to courage
Un vrai moment de générosité proposé à travers cette conférence donnée par Brené Brown. Elle y parle du pouvoir de la vulnérabilité, du courage qu’il faut pour accepter de se montrer au monde tels que nous sommes et aussi de toute la force que nous pouvons en tirer. Non, être vulnérable, ce n’est pas une faiblesse, bien au contraire. Et cela peut même faire beaucoup de bien ! Pour en savoir plus, je vous invite à regarder cette vidéo. Cette femme est touchante et inspirante. A voir et à revoir autant qu’on en ressentira le besoin. Et bien sûr, à partager autour de soi.

Ensuite, un film français : DIVINES

Divines
Dounia et sa meilleure amie Maimouna, toutes deux adolescentes, se sont fixées un objectif : devenir riches à tout prix. Elles vont pour cela accepter de suivre une dealeuse de drogue reconnue dans leur cité. Oulaya Amamra qui interprète le rôle principal de Dounia est tout simplement EXTRA!! Je suis tombée en amour pour elle. Elle est très touchante dans son rôle, très forte et vraiment très déterminée. Elle vit sa vie à 1000% et n’a peur de rien. J’ai vraiment été marquée par les émotions qu’elle a su incarner et transmettre à l’écran. Divines est définitivement le genre de film français que j’aime regarder, en dehors du registre Comédie. Je vous recommande ce film. Mettez-vous dans votre canapé, une petite boisson pour vous rafraîchir (ou vous réchauffer), avec votre chéri ou votre meilleure amie, et profitez du moment!

Il y a aussi cette série : DARK TOURIST

dark tourist

En français le tourisme noir, le tourisme alternatif, morbide ou encore macabre. Quand certains aiment se prélasser à la mer ou profiter du calme de la montagne pendant leurs vacances, d’autres préfèrent aller dans des endroits insolites, réputés dangereux ou hostiles. Et c’est de cela que traite cette série – en huit épisodes – que j’ai trouvée vraiment très intéressante! En Afrique, rencontre avec le vaudou au Bénin par exemple, au Japon avec le nucléaire, et bien d’autres endroits. C’est vrai que parfois la dérision du journaliste qui se prête à l’aventure peut parfois gêner, mais tout dépend de votre positionnement en tant que spectateur. Personnellement j’ai plutôt bien rigolé. Par contre, j’ai été déçue que certains sujets n’aient pas été développés plus en profondeur – je suis restée sur ma faim sur certains endroits ! Néanmoins d’une façon globale, j’ai trouvé cette série bien sympathique !

Un autre film : LE GARCON QUI DOMPTA LE VENT / THE BOY WHO HARNESSED THE WIND

levent

Une histoire vraie qui se déroule au Malawi. L’histoire vraie de de William Kamkwamba. A cause de la sécheresse, les récoltes sont de plus en plus mauvaises. Passionné de sciences, William du haut de ses quatorze ans se met en tête de construire une éolienne afin d’irriguer les champs de son village et ainsi sauver les habitants de la famine qui les menace. Il ne veut pas attendre que les prières soient exaucées, il veut agir. Et ses efforts seront récompensés ! Un très bel hymne à l’espoir et à la vie !

Et enfin, pour terminer la sélection de ce jour, une drôle de série : SPECIAL

Special

Une série qui traite de l’histoire vraie de Ryan O’connell qui y joue son propre rôle. On bouscule les codes dans cette série. On traite du handicap et de l’homosexualité avec beaucoup d’ironie, voire de cynisme et sans langue de bois. Et personnellement j’adore! Je vous laisse découvrir. Par contre, pourquoi sont-ils si courts ces épisodes?? En moins d’une demi-journée, le tour est fait. C’est dommage! J’en voulais plus, beaucoup plus.

Voilà pour aujourd’hui !
Je vous souhaite plein de bonnes choses.
A bientôt pour d’autres coups de cœur,

Manouchka.

20. BOOK – Tropique de la violence, de Nathacha Appanah

Tropique de la violence

Ce livre, c’est mon amie Selom qui me l’a prêté. Un jour, elle m’a envoyé un sms disant « J’ai un livre pour toi! Je viens de le finir, tu vas aimer, je te le prête dès qu’on se voit! ». J’avais déjà toute une pile de livres à lire, mais comme j’aime à le dire, on n’a jamais assez de lectures au programme!

Nous sommes à Mayotte, dans l’océan indien. L’histoire est celle de Moïse. Alors qu’il est encore bébé, il est abandonné par sa mère adolescente et recueilli par Marie, infirmière qui lutte pour avoir un enfant et dont le couple est au bord du divorce. Détail à souligner : Moïse est noir, il a un œil vert et un œil noir qui est signe de malheur aux yeux des autres ; Marie elle, est blanche. C’est également l’histoire de Bruce, adolescent d’une quinzaine d’années. Il est le chef de gang de Gaza, un bidonville dangereux de l’île où règnent la violence, l’impunité et la terreur. A la mort accidentelle et subite de Marie, Moïse se retrouve à la rue. Par la force du destin, il rejoint le gang de Bruce et sa bande de voyous. Happé par les conditions difficiles de vie de tous ces enfants de la rue, Moïse va connaître la violence physique, mais aussi morale, la drogue (‘le chimique’), les bastonnades, et bien d’autres horreurs auxquelles il ne pourra échapper. Par moment, le souvenir de Marie, de son chien Bosco, de son ancienne vie, viendra rythmer cette nouvelle vie où chaque jour est une bataille pour se faire une existence.

Dès les premières pages, on est frappé par la dureté des textes. L’écriture et le style de narration sont tranchants, directs. Certains paragraphes sont de véritables coups de poing pour le lecteur. On se demande tout au long de la lecture si une issue positive est envisageable pour Moïse. Mais ce livre fait partie de ceux où la fin heureuse ne fait pas partie du scénario. Et je pense qu’il s’agit là d’un choix conscient de l’auteur – c’est en tout cas l’impression que j’ai eue – afin de décrire simplement, sans jugement, les conditions horribles de la vie dans la rue de ces enfants de Mayotte abandonnés à leur propre sort. Par moment, on voit apparaître dans l’histoire des acteurs d’ONG, qui viennent avec l’intention de les aider avec quelques séances de cinéma, des activités culturelles, des livres, etc. Mais est-ce vraiment là la solution ? Est-ce vraiment de cette façon que ces enfants trouveront le sésame vers une vie meilleure ? Des questions sont posées au lecteur par moment, comme celle de savoir si l’on naît au mauvais moment au mauvais endroit, et qui amènent à s’interroger aussi sur sa propre condition ? Vous rendez-vous compte de la chance que vous avez d’être, formulé autrement, né au bon endroit au bon moment ? N’importe qui aurait pu être à la place de ces jeunes, de ces enfants, laissés à leur propre sort dans la rue. Ce roman est également, et on le découvre simplement en lisant certains passages, une dénonciation de l’indifférence de la France face à l’île de Mayotte. Par moment, les personnages s’interrogent et se demandent si les conditions atroces dans lesquelles ils vivent sont les mêmes sur la métropole sachant que Mayotte fait pourtant partie des départements français. Ils appellent au secours et demandent à ce qu’on se souvienne d’eux.

Extrait : « Je ne sais pas qui a surnommé ainsi le quartier défavorisé de Kaweni, à la lisière de Mamoudzou, mais il a visé juste. Gaza c’est un bidonville, c’est un ghetto, un dépotoir, un gouffre, une favela, c’est un immense camp de clandestins à ciel ouvert, c’est une énorme poubelle fumante que l’on voit de loin. Gaza, c’est un no man’s land violent où les bandes de gamins shootés au chimique font la loi. Gaza c’est Cape Town, c’est Calcutta, c’est Rio. Gaza c’est Mayotte. Gaza, c’est la France. »

Je vous invite simplement à lire cet ouvrage. Il est court, intense, et qu’on le veuille ou pas, engagé par son côté « dénonciation ».
Merci Selom pour le partage.
Je suis reconnaissante d’avoir été touchée.

Portez-vous bien,
Manouchka.

 

19. BOOK – Le Prophète, de Khalil Gibran

khalil gibran

Pourquoi ai-je tant tardé à lire cet ouvrage? Voilà le genre de livre que je veux constamment voir sur ma table de chevet, que je prendrai plaisir à feuilleter avant de me coucher, dont je garderai les phrases en mémoire en réponses à certaines questions existentielles. J’ai acheté ce petit bouquin de 110 pages alors que je me promenais encore une fois à la Librairie Bon Pasteur. J’adore y passer mon temps libre, même lorsqu’il ne s’agit que 10 petites minutes, j’y trouve une espèce d’énergie revigorante qui me fait vraiment beaucoup de bien. Et ce jour là, je suis tombée sur Gibran. Comment résister quand je lis en 4e de couverture qu’il est d’origine libanaise, comme mon tendre papa! Je n’ai qu’une envie, découvrir ce petit recueil entre la poésie et le développement personnel.

Je vous fais une confidence, je déteste écrire dans mes bouquins. Souligner des paragraphes entiers, faire des dessins avec mon stylo sur les pages, ce n’est vraiment pas pour moi. J’ai vraiment l’impression d’abîmer le livre et de l’envoyer à la casse. Mais dès la lecture des toutes premières pages du Prophète, une petite voix a résonné dans ma tête : « Manouchka, il y a trop de richesse dans ce bouquin, il faut que tu fasses ressortir les passages qui te parleront pour y revenir à chaque fois que tu en ressentiras le besoin ». Et ça n’a pas loupé!

Le penseur Gibran livre dans ce petit recueil des messages profondément bienveillants sur différents thèmes de la vie : l’amour, l’amitié, le travail, le plaisir, la prière et plein d’autres. En quelques phrases, il pose la question de ce qui devrait être important en chacun de ces thèmes, avec encore une fois beaucoup de bienveillance. C’est un chant de liberté et de célébration de la vie que j’ai entendu entre chacune des lignes de ce livre. Un appel à aimer la vie, à accepter le prochain, à être en harmonie avec soi-même et surtout je trouve, à cultiver la simplicité. J’ai beaucoup appris grâce à cet ouvrage. Je l’offrirai à ceux qui comptent pour moi, un cadeau d’anniversaire, ou juste pour le plaisir de partager.

Je vous invite à vous procurer ce livre si vous ne l’avez pas déjà, et le garder tout près de vous. Votre sac à main, votre table de chevet, votre terrasse, afin que vous ayez la possibilité d’en lire quelques mots le plus souvent possible. Une merveille.

Quelques extraits pour terminer :

« L’amour ignore sa profondeur jusqu’à l’heure de la séparation. »

« L’amour ne donne que de lui-même et ne prends que de lui-même. L’amour ne possède pas et ne saurait être possédé. Car l’amour suffit à l’amour. »

« Plus profonde est l’entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter. »

« De même que le noyau doit se fendre afin que le cœur du fruit se présente au soleil, ainsi devrez-vous connaître la douleur. »

« Personne ne peut vous apprendre quoi que ce soit qui ne repose déjà au fond d’un demi-sommeil dans l’aube de votre connaissance. »

« Vous êtes bons de diverses façons, et quand vous ne l’êtes pas, cela ne signifie pas que vous soyez mauvais, seulement que vous traînez et paressez. »

Et plein d’autres encore que je vous invite à découvrir directement dans le bouquin.

Bisous,
Manouchka.