45. Les visages de l’innocence

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Shekina est un petit garçon vif et extrêmement souriant. Il a quatre ans. Quand il n’est pas à l’école, il adore courir avec les enfants du quartier, manger des bonbons et jouer au ballon. Il a une profonde joie de vivre. Parfois, il tient également compagnie à sa mère qui gère une petite échoppe au coin de notre rue ; on peut y acheter du riz, du pain sucré ou du savon. Lorsqu’il me voit arriver, il lève toujours sa petite main vers le ciel, les doigts bien écartés, et la secoue d’un geste franc et enjoué pour me dire bonjour. Alors je sens mon cœur battre d’amour pour cet enfant, innocent et simplement amoureux de la vie, encore totalement inconscient des tristes réalités du monde dans lequel nous vivons.

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Les feux tricolores viennent de passer au rouge. Je freine et me positionne à l’arrière d’un taxi dont l’état de rouille particulièrement avancé me fait sourire ; des vitres baissées du véhicule s’échappe une musique entraînante et joyeuse. Sur la gauche, la plage puis l’océan bleu s’étendent à perte de vue. De nombreux cocotiers s’élèvent à quelques mètres du trottoir, leurs grandes feuilles dans le vent. Le ciel aujourd’hui est dégagé, il n’y a aucun nuage. Un avion passe. Je me laisse emporter par une mélodie de Jhene Aiko, les mains accrochées à mon volant attendant de poursuivre ma route.

Soudain, je le vois qui court vers moi. Avec sa boîte de Kleenex à la main, son sourire sincère et ses petits yeux malicieux, Petit Aziz ne manque jamais d’essayer de faire une affaire quand il m’aperçoit. Je n’ai pas besoin de Kleenex lui dis-je, en lui montrant ma boîte encore pleine. Il baisse la tête sur le côté, sourit encore un peu plus et comprend que ce ne sera pas pour cette fois. Le feu passe au vert. En appuyant doucement sur l’accélérateur, je me demande pourquoi à cette heure de la journée, ce petit garçon n’est pas dans une salle de classe à apprendre à une table de multiplication ou à dessiner la maison de ses rêves.

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Dans la rue n° 85, il y a quelques semaines, est sorti de terre un salon de beauté en plein air. Constitué de quelques palettes de bois et d’un toit de tôles grises, il porte le nom de « Belle comme le jour ». La propriétaire semble être cette femme au visage sévère que l’on voit passer ses journées assise face à son étalage de vernis à ongles et de poudres faciales. Alors qu’elle discute bruyamment avec ce qui pourrait être une amie, une cliente vêtue d’un grand boubou se fait nettoyer la plante des pieds par Aya. Aya a entre sept et huit ans. Nous sommes jeudi, il est 11h et les salles de classe sont pleines d’enfants qui s’égosillent à réciter leurs leçons d’histoire ou de français.

La cliente a envie d’ongles colorés et bien limés. Elle choisit un vernis de couleur rose bonbon et exige un résultat impeccable. La patronne du salon lui garantit qu’elle ne sera pas déçue. Aya, accroupie sur ses genoux, le dos arrondi, entame avec minutie l’application du liquide épais à l’odeur âcre sur les extrémités du pied gauche de la cliente. Sa patronne, l’observant sévèrement du coin de l’œil, lui rappelle sans mot dire qu’elle n’a pas droit à l’erreur.

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16 Juin 2020, Journée de l’Enfant Africain.
Pensées pour tous ces enfants qui sont privés de leur droit à l’éducation, qui sont victimes du travail forcé, qui ont des rêves pleins la tête qu’ils sont malheureusement contraints d’étouffer. Prenons soin des enfants autour de nous. Les plus petits de nos gestes comptent pour eux. Ils sont l’avenir de notre continent. Ne l’oublions pas.

Je suis Manouchka. Sur ce blog, je partage mes lectures, mes pensées, mes écrits. Vos retours enrichissent le débat, n’hésitez donc pas à me laisser vos commentaires et vos avis. Et par dessous tout, merci de me lire !
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44. Inspirations coréennes et petite leçon de minimalisme

Comment allez-vous ?

Depuis environ deux semaines, j’ai décidé de me déconnecter du réseau social Instagram, et ce pour une durée indéterminée pouvant aller d’un simple mois à mille cinq cent ans ; j’avais besoin prendre du recul, faire le point comme on dit souvent, revenir à l’essentiel. Entre temps, de tragiques évènements ont embrasé l’actualité, dont la mort absolument choquante de George Floyd tué par un policier blanc aux Etats-Unis, et les nombreuses manifestations anti-racisme, plus ou moins violentes, à travers le monde.

Je n’ai rien écrit ou tweeté à ces sujets, et il faut dire qu’à certains moments, je me suis sentie coupable de ne pas afficher ma prise de position. Pas parce que je n’avais rien à dire, non, car j’en discute beaucoup en privé avec mes proches et mes amis et nous avons nos avis sur la question. Je me suis sentie coupable parce que nous sommes venus à un point où lorsqu’on ne dit rien sur les RS, certains assimilent ce silence systématiquement à une validation ou au cautionnement des oppresseurs. Le fameux dicton du ‘Qui ne dit mot consent’.

Il arrive juste que parfois l’on se sente dépassé par les évènements extérieurs, rajoutez-y la détresse de la vie personnelle et le résultat est que l’on manque de force pour crier ses idées. On broie du noir, on se sent impuissant, et on a la certitude que nos plaintes n’y changeront rien. Bien sûr, selon qu’on soit une personne lambda, un influenceur à 800 mille abonnés ou un chef d’Etat, le problème ne se pose pas de la même manière. Et de mon point de vue strictement personnel, au fameux dicton du ‘Qui ne dit mot consent‘ j’ai envie d’accrocher cette suite : ‘Mais il vaut mieux parfois faire silence que de raconter des bêtises!‘.

Bref, quand je n’ai rien de constructif à dire sur les R.S., surtout en ce qui concerne des sujets aussi sensibles et importants, je préfère me taire. Mais cela ne veut absolument pas dire que je cautionne le mal.

Le racisme est un fléau, une profonde calamité pour notre société, et en 2020 je trouve complètement fou que certains soient encore à penser que les Noirs, parce qu’ils sont Noirs, sont au bas de l’échelle. C’est quelque chose qui dépasse mon entendement. Il n’y a pas de mots pour décrire fidèlement la rage et la fureur qui m’animent lorsque je tombe sur les discours de certains hommes non Noirs dont je n’ai aucunement l’envie de citer les noms (ce serait leur faire honneur!), discours qui nourrissent clairement la haine raciale et la violence, et que l’on continue d’inviter sur des plateaux télés!

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Comme je vous le disais, faire une detox des réseaux sociaux était une nécessité pour moi. Par contre, de YouTube je ne peux me passer car j’y consomme beaucoup de contenu que je considère instructif et/ou positif, qui me font du bien et m’aident à nourrir et à entretenir une attitude constructive. Livres audio, sessions workouts, playlists de musiques relax ou encore développement personnel et partages d’expérience, la liste est longue.

Pendant cette période off de IG, j’ai donc eu le plaisir de redécouvrir et regarder quantité de vidéos postées par quelques youtubeuses coréennes et je peux vous dire que j’en suis littéralement devenue accro. Laissez-moi partager avec vous ce qui m’a conquise.

Tout d’abord, ces vidéos sont de vraies réserves de douceur. Nos gestes de tous les jours sont effectués de manière tellement automatique que nous en oublions littéralement de les apprécier. Personnellement, lorsque je me prépare une tisane par exemple, tout ce qui m’intéresse, c’est d’être rapidement assise dans mon canapé et de la boire. Je ne profite pas du tout du moment que je passe à la préparer. Alors que dans ces vidéos, chaque geste prend toute son importance. Je trouve cela magique! Préparer sa tasse, sélectionner sa tisane, chauffer l’eau et la faire couler dans la théière. Tout est source de plaisir et même de contemplation. Cela ramène à la joie de profiter simplement du moment présent. Une forme de méditation.

Ensuite, beaucoup de youtubeuses coréennes que j’ai choisi de suivre sont axées vers le minimalisme. J’en parlais il y a quelques jours avec l’une de mes sœurs d’ailleurs, partageant avec elle mon désir de me séparer de quantité d’effets que je jugeais aujourd’hui superflus voire encombrants. Elle a gentiment ri de moi, car bien entendu elle me connait mieux que personne et sait que j’adore acheter foule de nouveaux gadgets pour la maison.

Sauf que depuis quelques temps, je remarque clairement que je porte toujours les mêmes vêtements, ceux dans lesquels je me sens le mieux. J’utilise les mêmes assiettes et les mêmes verres. Beaucoup de produits cosmétiques sont entassés dans la salle de bain depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire mois, sans que je ne les utilise.

Dans le fond, un tri serait rapidement fait. Ce qui rend les choses compliquées, c’est de se détacher de ces effets ‘en trop’ qui pourtant ne nous servent jamais au quotidien. Les questions qui, selon moi, méritent d’être posées en pensant à ces objets sont : sont-ils importants? en ai-je vraiment besoin? me rendent-ils heureuse? puis-je m’en passer? D’ailleurs, je vous recommande la lecture de cet article sur le Blog de C. Befoune, Mes Digressions, pour en savoir plus sur la notion de minimalisme, et aussi un documentaire à regarder – Minimalism – disponible sur la plateforme Netflix.

Enfin troisième et dernier point : la place accordée aux sons dans ces vidéos. Je ne suis pas dérangée de ne pas comprendre le coréen, lorsque les vidéos sont parlées. Pour celles qui ne comportent pas de textes parlés, les sons émis par les ustensiles, les objets ou les gestes effectués avec les mains sont aussi extrêmement reposants. Et même lorsqu’elles sont parlées en coréen, les vidéos ne perdent aucunement de leur pouvoir apaisant, les coréennes que je suis parlent généralement posément, en prenant leur temps et c’est très agréable. Et puis si on y tient, les sous-titres sont disponibles pour la plupart des contenus.

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Dans les prochains jours, je prendrai le temps de vider mes armoires et de mettre dans des cartons les vêtements que je porte rarement voire jamais, y compris ceux que je possède depuis des années, attendant la ‘parfaite’ occasion pour les enfiler. J’ai fini par me faire une raison : l’occasion ‘parfaite’ ne se présentera pas. Je pense que je viderai également les placards de la cuisine, j’en retirerai les vaisselles qui sont en trop. Idem pour les tiroirs à produits cosmétiques, ceux qui sont ouverts depuis belle lurette voire abîmés iront à la poubelle (c’est effectivement de l’argent gaspillé, malheureusement, mais il vaut mieux jeter une crème trop vieille que de l’utiliser et avoir une réaction qui pourrait conduire à l’hôpital).

Que faire de tous ces effets ‘en trop’? Les vendre à petits prix par exemple, c’est une manière de se faire un peu d’argent. Les donner à des personnes qui pourraient en avoir besoin. Se séparer des excédents et se défaire de ce qui encombre permet de faire de la place, pas forcément pour remplacer ce qui est parti mais simplement pour se créer un nouvel espace plus sain, plus clair, plus aéré.

Je pense d’ailleurs que les choses fonctionnent de la même manière au niveau du mental. Parfois certaines idées superflues restent accrochées à notre esprit parce que nous ne prenons pas la décision ferme de nous séparer de la souffrance qu’elles peuvent engendrer. Ces idées à la longue s’accumulent, forment des paquets, et pèsent, lourd, parfois trop lourd et nous épuisent. Prendre du recul avec les réseaux sociaux de temps en temps me permet aussi de mettre à la passoire tout ce qui peut emplir mon cerveau. Et ça me fait toujours beaucoup de bien.

En attendant de me reconnecter, j’écoute donc de la musique, des podcasts, je lis, je me repose, je dors, je regarde des documentaires ou, comme je vous le disais, des vidéos lifestyle coréennes sur YouTube.

Je voudrais finir en partageant avec vous deux vidéos : une vidéo lifestyle d’une youtubeuse coréenne que j’apprécie beaucoup, et une vidéo qui explique l’inutilité du pessimiste (si on peut parler d’inutilité), qui montre en quoi être négatif n’est absolument pas constructif dans un monde où l’injustice règne à plusieurs niveaux, où un grand nombre de données ne dépendent pas de nous.

Parfois il vaut mieux accepter, se laisser vivre et essayer d’agir chacun à notre petite échelle pour améliorer notre quotidien et celui de nos proches.

Prenez soin de vous!

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43. BOOK – Gagnant ou perdant, à nous de choisir ! ou Attitude is everything de Jeff Keller

« The greatest mistake a person can make is to be afraid of making one. »
Elbert Hubbard

J’ai appris à faire du vélo lorsque j’avais 9 ans. Ou 10 ans peut-être.

C’est devant sa jolie petite maison de la Cité du Port* que la mère de ma meilleure amie de l’époque avait entrepris de m’enseigner l’art de rouler à bicyclette. La rue sur laquelle j’allais être baptisée était faite d’argile rouge, légèrement sablonneuse sur les côtés et bordée de quelques haies végétales et d’arbres. Je me souviens m’être lancée sans roues stabilisatrices dès le premier coup. Après tout je n’étais plus un bébé et j’avais confiance en moi. Je savais que je pouvais le faire.

Ce que par contre j’ignorais, c’est que les essais prometteurs de la première journée se solderaient par une vilaine chute sur un vieux stipe de cocotier. Résultat des courses : une jambe blessée et ensanglantée sur toute sa longueur. Heureusement, rien de bien méchant puisqu’avec une belle dose de mercurochrome, les dégâts avaient été minimisés. C’est plus motivée que jamais que je suis remontée le lendemain sur mon vélo et ai continué à m’exercer, pour finir par pédaler comme une grande fille au bout de deux ou trois jours.

Je retiens de cette vieille histoire que je n’avais pas peur. Ni de me faire mal, ni d’échouer. Et je n’avais toujours pas peur lorsque j’ai appris à nager sans bouées. Ou lorsque je suis montée à cheval pour la première fois. Ou encore lorsque j’ai appris à conduire en une soirée aux côtés de mon père (oui, en une soirée).

J’avais confiance en moi. Je savais très bien que des erreurs seraient commises au cours de chacun de ces apprentissages, mais elles ne me faisaient absolument pas peur. L’idée ne me traversait même pas l’esprit qu’elles pourraient m’empêcher d’atteindre mes objectifs. J’avais une attitude de déterminée.

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« Attitude is everything. »
Jeff Keller

Il y a quelques semaines je vous disais dans cet article mon désir et ma volonté de me frotter à la littérature anglophone à partir de cette année. Je suis vraiment ravie de pouvoir aujourd’hui partager avec vous un avis sur ce premier bouquin que j’ai adoré lire et que j’ai trouvé extrêmement stimulant.

Dans un style qui se veut simple, épuré et accessible à tous, Jeff Keller explique comment il est possible de prendre le contrôle de sa vie et d’atteindre son plein potentiel en adoptant une attitude positive et constructive. Pour cet auteur, l’attitude passe par trois points essentiels que sont la pensée, la parole et les actions.

En s’appuyant sur des anecdotes personnelles et sur des exemples tirés de la vie de personnes qu’il a croisées ou de son entourage proche, Jeff Keller montre à quel point la négativité peut concrètement impacter le cours de notre vie, limiter notre capacité à saisir les opportunités qui se présentent à nous, et même nous conduire à l’échec. Aussi, l’auteur n’hésite pas à fournir au lecteur de nombreux conseils et astuces pour améliorer son système de pensée, contrôler positivement sa parole et diriger ses actions pour réussir à adopter une attitude constructive face aux circonstances de la vie.

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Si cette lecture a fait remonter en moi le souvenir de la petite fille à vélo que j’étais, c’est bien parce qu’aujourd’hui je suis pleinement consciente de tous les blocages que je suis capable de me mettre sous l’influence du sentiment de la peur. Il arrive que mon attitude soit fortement négative face à certains aspects de la vie et cela n’a évidemment rien de favorable. Nous sommes d’accord qu’il y a plus à perdre à ne pas oser, qu’à se lancer dans l’inconnu ! Si plus jeune j’avais concentré mon attention sur les dangers du vélo sans roues stabilisatrices et sur mes appréhensions, j’aurais imaginé toutes sortes de scénarios catastrophes et ne me serai sans doute pas lancée à la conquête de la ruelle en argile rouge!

Lorsque j’ai lancé le club de lecture en 2018, je ne savais absolument pas où j’allais, ni ce que le projet donnerait. J’avais certes peur d’être ridicule, peur que personne n’adhère au concept. Mais après avoir en discuté avec quelques proches, j’en étais venue à la simple conclusion que toutes ces peurs étaient des pensées limitantes et que le plus important devait résider dans la satisfaction d’avoir essayé quelque chose que je désirais profondément.

Aujourd’hui le club Le Colibri est toujours là. Il est vrai que le Covid-19 nous a quelque peu ralentis dans nos activités mais la dynamique est enthousiasmante, l’ambiance et les échanges sont constructifs et ma tête ne cesse de bouillonner d’idées pour ce petit bébé. Je n’éprouve que de la reconnaissance lorsque j’y pense.

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Le livre Attitude is everything rappelle qu’on ne peut pas être négatif et rêver d’avoir au même moment des résultats de gagnant. Ce n’est pas comme cela que ça marche. Il est important d’exercer son mental à percevoir le meilleur de ce que nous sommes, même lorsque c’est difficile.

L’attitude positive est semblable à un muscle que l’on doit entraîner au quotidien. Prenons une feuille de papier par exemple et faisons la liste de toutes les choses qui méritent que nous nous réjouissions et concentrons-nous dessus quelques instants ; ça fait du bien, ça ne change pas le cours de la vie sur le coup mais il est indéniable que cela fait du bien ! « Je suis une bonne personne ». « Je mérite le meilleur ». « Ce sera peut-être long mais j’y arriverai à force de persévérance ». « Je réussirai ». Voilà le genre de pensées – et de paroles! – positives et bienveillantes qu’il est important d’avoir vis-à-vis de soi-même.

Il ne faut pas hésiter à prendre le taureau par les cornes et s’occuper de soi. Personne ne viendra le faire pour nous, à notre place. Il est vrai que certains s’en feront et s’inquièteront pour nous, mais à la fin de la journée ils retourneront toujours à leurs activités ou à leurs soucis, car oui tout le monde a sa propre vie à gérer!

Une amie, il y a quelques jours, me disait que je devais me donner le droit d’être parfois négative, de lâcher prise, d’être triste en parlant d’épisodes passagers de baisse de moral. Et elle a absolument raison. Mais contaminer les autres est une autre histoire. Personne n’aime être assaihi de gémissements plaintifs. Et puis de toutes les façons, que vous alliez bien ou pas, le monde continuera de tourner. Plus tôt on se fait à cette idée, plus vite on rebondit, et moins on a d’attentes vaines.

Attitude is definitely everything!

* Quartier de Lomé

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42. De la vie et de l’au-delà

Il m’arrive parfois de penser à la mort. Pas plus tard qu’hier, avec l’une de mes sœurs, nous nous demandions ce qu’il pouvait bien y avoir au delà du dernier sommeil. Pour plaisanter, je lui ai répondu « Rien! », ce qui l’a clairement choquée. Elle a rétorqué : « Mais comment ça rien? Tu penses qu’on vit tout ça aujourd’hui pour RIEN?! ».

Selon les croyances de chacun, l’après-cette-vie peut donc être le néant, le paradis ou l’enfer, le purgatoire, ou encore la réincarnation de notre âme dans une nouvelle enveloppe humaine, animale ou même végétale qui sera conditionnée par celle que nous menons actuellement. Quand beaucoup crient à l’outrage ou à l’appel du mauvais œil lorsqu’on évoque la mort, je suis de celles et ceux qui trouvent qu’il est naturel d’en parler ou de s’interroger sur le sujet.
Vivre, c’est irrémédiablement mourir un jour. Nul n’est éternel.

Alors que personne n’est à ce jour certain de ce qu’il adviendra de notre âme après la mort, cela n’empêche pas certains de s’en aller avec ce qu’ils ont de plus précieux.

Ainsi, il est tout à fait envisageable de brûler le défunt avec ce qu’il a de plus précieux ou de l’enterrer avec, en s’imaginant qu’ainsi il ne sera pas « pauvre » une fois arrivé de l’autre côté. C’est d’ailleurs ce que faisaient les Egyptiens par exemple dans les pyramides où les momies des pharaons, placées dans des sarcophages, étaient accompagnées d’objets précieux ou encore de chaouabtis, petites statuettes représentant leurs serviteurs censés répondre à leur appel dans l’au-delà. Pour en savoir un peu plus, je vous propose de lire cet article qui présente les différents tombeaux égyptiens de l’Ancien Empire.

Les Vikings, ou peuples scandinaves, eux aussi accordaient une grande importance à la fin de vie et au passage vers l’au-delà. Certains de leurs morts étaient enterrés dans des navires, avec des objets de valeur mais aussi des esclaves que l’on sacrifiait pour les accompagner. Il faut savoir que les Vikings partaient à la conquête du monde sur leurs navires – appelés draakar en français, et étaient donc un peuple de la mer. Enterrer leurs défunts avec ces bateaux était donc fort de symbolique.

Des études montrent qu’il subsiste encore à ce jour des vestiges de draakars en Norvège que souhaitent d’ailleurs explorer certains scientifiques, comme nous l’indique cet article que j’ai eu à lire dans le cadre de l’atelier d’écriture que je suis actuellement. Je ne peux m’empêcher de faire un clin d’œil à la série Vikings, dont je n’ai regardé aucun épisode ! Il n’est jamais trop tard pour se rattraper me direz-vous, et vous avez absolument raison, j’y travaillerai !

Bateau Viking

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Se faire enterrer avec des objets de valeur peut être une manière de témoigner également de l’éternité de ce que nous avons été. Si il est vrai que la pratique fait généralement référence à une époque ancienne, rien ne nous empêche de nous questionner sur la manière dont elle pourrait être appliquée aujourd’hui, en tenant compte de notre contexte actuel. Un Viking de l’époque contemporaine se ferait-il enterré dans sa voiture accompagné de son smartphone par exemple ? Une telle image est littéralement trop métallique et me donne tristement les larmes aux yeux.

J’ai toujours trouvé que je possédais trop d’objets inutiles. Trop de vêtements que je ne porte pas. Trop d’objets décoratifs qui finalement encombrent plus qu’autre chose. Trop de produits de beauté qui ne servent à rien. Et parfois, je me demande même si je ne devrais pas me séparer de certains livres après les avoir lus au lieu de les entasser sur des étagères et les laisser jaunir de vieillissement.

J’essaye, tant bien que mal, de me défaire de tout ce qui est superflu dans mon quotidien mais je vous assure que ce n’est pas évident, surtout dans notre société actuelle où le besoin se présente en tout et partout. En plus des échanges et discussions que j’ai avec certains amis sur le sujet, un documentaire a contribué à me faire réaliser notre folie consommatrice : il s’agit de MINIMALISM que je vous invite à regarder sur la plateforme NETFLIX. De façon claire et simpliste, Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, tous deux minimalistes, y défendent l’idée selon laquelle on peut être heureux en se contentant de peu, ce que j’ai trouvé fort enrichissant et constructif pour ma vie personnelle.

A notre époque actuelle, si il est vrai que beaucoup accordent une grande importance à ce que nous possédons sur le plan matériel (maisons, comptes bancaires, voitures, sacs de marque, etc.), il ne faut pas se leurrer sur le fait que ce que l’on retiendra de nous une fois que nous serons partis, sera nos réalisations. C’est en tout cas ce à quoi je crois. Nous ne pourrons pas emporter nos réalisations dans notre cercueil ou les faire incinérer avec nous, mais elles demeureront vivantes et continueront de faire notre nom. L’empreinte de Nelson Mandela par exemple, a été plus que forte dans le domaine de la lutte contre la ségrégation raciale et son nom continue d’être cité, pour ne pas dire célébré, aujourd’hui.

Et lorsque je repense à ma sœur lorsqu’elle me demande « Tu penses qu’on vit tout ça aujourd’hui pour RIEN?! », je ne peux m’empêcher de réfléchir aux efforts fournis pour l’amélioration de ma personne ou aux bonnes actions posées. A aucun moment je ne pense aux biens matériels. Bien sûr, je ne dis pas qu’il faille ne pas s’investir dans la construction d’une maison par exemple ou dans sa réussite financière, je crois juste que ces succès-là ne s’emportent pas dans l’au-delà.

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Il est vrai qu’il est important de faire la distinction entre l’empreinte de toute une civilisation et celle d’une personne lambda. En ce qui me concerne, je doute aujourd’hui faire partie d’une civilisation forte et je doute que nous marquerons le monde à la manière des Egyptiens par exemple. Peut-être que dans plusieurs années, les générations regarderont notre époque d’un œil admiratif, en encensant probablement l’évolution actuelle fulgurante de la technologie. Mais je pense que nous serons aussi tristement célèbres pour la destruction écologique à laquelle notre ère s’adonne sans conscience.

Perdu au sein de cette ère contemporaine qui est la nôtre, l’individu demeure au centre de sa propre vie. Nous devons jouer notre rôle pour le bien de l’humanité, tout en sachant que nous ne serons peut-être enterrés qu’avec un chapelet, un livre ou une petite photo. Nos actions seront nos meilleures signatures, nos meilleurs souvenirs. D’où mon désir d’apprendre à vivre léger, sans superflu, pour pouvoir me concentrer sur l’essentiel et travailler au mieux sur l’amélioration de ma personne.

Je voudrais finir ce billet en rendant hommage à un ami qui a perdu la vie il y a bientôt quatre ans. Il venait d’une famille prospère et très riche. Le jour de son enterrement, nul n’a évoqué de ce qu’il possédait sur le plan matériel. Jamais avant ce jour là, je n’avais eu l’occasion de voir autant de monde réuni pour accompagner une seule personne à sa dernière demeure. Nous étions plus de 1500 personnes. Nous étions tous accablés par son départ soudain. Nous étions tous tristes et abattus.

Mais par dessous tout, nous nous rappelions tous, et sans exception, de sa gentillesse et de sa grande générosité. Sa simplicité inspirait énormément de personnes et sa joie de vivre n’avait pas d’égal. Il a été enterré entouré de centaines de personnes qui l’aimaient et l’adulaient, et avec ce qui nous le pensions tous, le symbolisait le mieux : un casque de moto. Il avait 36 ans. RIP J.

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